« Nos enfants entrent à l’école sans enthousiasme », un inspecteur général alerte au Togo

"Nos enfants entrent à l'école sans enthousiasme", un inspecteur général alerte au Togo
Homme Allié

« Nos enfants entrent à l’école sans enthousiasme, y restent sans passion et en sortent sans conviction. » C’est par ce constat alarmant que l’Inspecteur général de l’Éducation, Nounato Kodjo, ouvre une lettre ouverte adressée à la communauté éducative togolaise. Dans ce texte publié le 30 mars 2026, il appelle à une réforme en profondeur du système éducatif national pour redonner aux élèves le goût d’apprendre.

Une école déconnectée des réalités togolaises

Pour l’inspecteur général, le malaise est visible. « Il suffit de les observer sur les routes, cartables en main, visages fermés, ou assis en classe, l’esprit ailleurs, pour comprendre que l’école ne leur inspire ni confiance, ni intérêt », écrit-il.

Selon lui, l’école togolaise ne répond plus aux besoins fonctionnels des enfants ni de la société. Elle enseigne des savoirs abstraits, souvent éloignés des réalités quotidiennes. « Elle forme des esprits mais oublie les mains, elle transmet des théories mais néglige les pratiques », déplore-t-il, citant Confucius : « J’entends et j’oublie. Je vois et je me souviens. Je fais et je comprends. »

Les propositions de l’inspecteur général pour une réforme ambitieuse

Face à ce constat, Nounato Kodjo propose d’agir sur trois piliers essentiels :

  1. Les programmes et les contenus : les adapter aux réalités locales, aux défis économiques et sociaux du Togo, tout en ouvrant les enfants au monde sans les déraciner.
  2. Les stratégies pédagogiques : les rendre vivantes, interactives et créatives, en plaçant l’élève au centre de son apprentissage. Il rappelle la pensée de Socrate : « On ne peut rien apprendre à quelqu’un, on peut seulement l’aider à le découvrir en lui-même. »
  3. L’intégration de l’école dans la communauté : faire des artisans, cultivateurs, artistes et entrepreneurs des partenaires éducatifs. « L’école ne doit pas être une tour d’ivoire, mais un carrefour où se rencontrent savoirs scolaires et savoirs pratiques », insiste-t-il.

Un appel à l’unité pour l’avenir du Togo

L’inspecteur général ne s’adresse pas seulement aux autorités. Il interpelle l’ensemble des acteurs : enseignants, parents, élèves, artisans, intellectuels, autorités locales et nationales.

Nous n'avons pas pu confirmer votre inscription.
Votre inscription est confirmée.

Newsletter

Inscrivez-vous à notre newsletter pour suivre nos actualités.

« Nous voulons une école qui redonne aux enfants le goût d’apprendre, la confiance en eux-mêmes et l’espérance en un avenir meilleur. Une école qui prépare non seulement des diplômés, mais des citoyens responsables, des créateurs, des bâtisseurs », écrit-il.

Citant Paulo Freire, il rappelle que « l’éducation ne change pas le monde. L’éducation change les personnes qui vont changer le monde ».

Sa conclusion est un appel à la mobilisation collective : « Une nation qui néglige son école prépare son déclin, mais une nation qui investit dans son école prépare sa renaissance. »

Rejoins notre chaîne WhatsApp