Électricité : la CEET vient de frapper à la porte du Nigeria

Électricité : la CEET vient de frapper à la porte du Nigeria
Homme Allié

Face à une demande intérieure en forte progression, le Togo cherche à renforcer son approvisionnement en électricité en augmentant ses importations auprès du Nigeria. Une rencontre récente entre les dirigeants de la Niger Delta Power Holding Company (NDPHC) et une délégation de la Compagnie Énergie Électrique du Togo (CEET) a officialisé cette volonté de renforcement de la coopération énergétique bilatérale.

La CEET demande plus de mégawatts

Actuellement, la CEET, basée à Lomé, reçoit environ 75 mégawattheures du Nigeria via la NDPHC. Mais cette capacité ne suffit plus. Le directeur général de la CEET a formulé une demande officielle d’augmentation des volumes, en invoquant deux facteurs principaux : l’afflux continu de nouveaux clients dans les secteurs industriel et commercial d’une part, et les politiques publiques togolaises visant à généraliser l’accès à l’électricité sur l’ensemble du territoire d’autre part.

Avec une demande d’électricité en hausse constante de 7 % par an, dopée par l’urbanisation rapide et l’essor industriel, le Togo fait face à une équation complexe. Le pays importe encore 60 % de sa consommation électrique, principalement en provenance du Ghana et du Nigeria.

Un contexte de crise récente

Cette démarche intervient dans un contexte de tension énergétique persistante. Durant plusieurs mois, le Togo a été confronté à des perturbations d’approvisionnement en énergie, en raison notamment des travaux de maintenance. Pour faire face, les autorités togolaises ont eu recours à des combustibles liquides pour alimenter les centrales thermiques, tout en augmentant les importations d’électricité.

La question des impayés en toile de fond

Si le Togo cherche à approfondir ce partenariat, il devra également résoudre une problématique financière persistante. D’après le rapport du troisième trimestre 2025 de la Commission nigériane de régulation de l’électricité (NERC), la CEET, la Société Béninoise d’Énergie Électrique (SBEE) et la Société Nigérienne d’Électricité (NIGELEC) doivent collectivement 17,8 millions de dollars à leurs fournisseurs nigérians au titre de l’électricité livrée.

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Sur la seule période du troisième trimestre 2025, ces trois pays n’ont réglé qu’environ 38 % des factures qui leur ont été adressées. Cette situation fragilise les relations commerciales et conditionne toute extension des volumes fournis à une amélioration des mécanismes de paiement.

Vers une intégration électrique régionale

Au-delà de l’accord bilatéral, cette dynamique s’inscrit dans une ambition régionale plus large. En novembre 2025, une première synchronisation réussie a permis de relier le Nigeria, la République du Niger, ainsi que certaines parties du Bénin et du Togo au reste du réseau électrique de l’Afrique de l’Ouest, une première depuis près de deux décennies d’efforts.

Un accord réussi entre le Togo et le Nigeria pourrait servir de modèle pour d’autres pays de la région, permettant au Nigeria de jouer pleinement son rôle de fournisseur énergétique de l’Afrique de l’Ouest, à condition que ses partenaires garantissent une relation commerciale équilibrée et pérenne.

Le gouvernement togolais, de son côté, maintient son objectif d’accès universel à l’électricité d’ici 2030, en combinant hausse des importations et développement accéléré du solaire domestique.

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