Education : le Togo cité comme exemple en Afrique Subsaharienne

Education : le Togo cité comme exemple en Afrique Subsaharienne
Homme Allié

Le Togo fait partie des pays africains ayant le plus réduit le nombre d’enfants non scolarisés depuis 2000. C’est ce que révèle le rapport mondial GEM 2026 de l’UNESCO. Mais derrière ces chiffres encourageants, l’organisation pointe des faiblesses structurelles : décrochage scolaire des filles, universités saturées et diplômés sans emploi. Actu Lomé analyse les deux faces du tableau de l’éducation au Togo.

Éducation au Togo, un modèle africain de scolarisation

Selon le rapport GEM 2026 de l’UNESCO, publié le mois dernier, le Togo figure parmi les pays d’Afrique subsaharienne ayant réduit leur taux d’enfants non scolarisés d’au moins 80 % depuis 2000.

Le taux d’achèvement du primaire est passé de 72 % en 2015 à 87 % en 2024. Au secondaire, les inscriptions ont bondi : 220 % de croissance pour le premier cycle et 390 % pour le second cycle.

L’enseignement supérieur a triplé son taux de scolarisation en quatorze ans. Le Togo devance aujourd’hui plusieurs pays de la région, avec un taux brut de scolarisation supérieur de 10 points à celui de l’Ouganda et de 5 points à celui du Burkina Faso.

Ces progrès sont le fruit de réformes structurelles : suppression des frais de scolarité au primaire en 2008, puis au secondaire en 2021. Le gouvernement a également mis en place un système de bourses généreux. D’après le rapport, environ 90 % des étudiants des universités publiques bénéficient de cette aide.

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Filles décrocheuses, universités saturées : les zones d’ombre

Mais le rapport GEM 2026 de l’UNESCO pointe aussi des difficultés majeures.

Premier défi : l’écart entre les sexes se creuse. Au secondaire supérieur, l’écart entre filles et garçons est passé de 8,5 points en 2000 à 21,5 points en 2024, en défaveur des filles. Plus on monte dans le système scolaire, plus les filles disparaissent.

Deuxième défi : la qualité de l’encadrement. À l’Université de Lomé, on compte un enseignant pour 127 étudiants. L’objectif national était de 102 pour un. Les salles sont surchargées, les enseignants débordés.

Troisième défi, et peut-être le plus grave : l’employabilité. Le rapport indique que huit diplômés sur dix se trouvent en situation de sous-emploi cinq ans après la fin de leurs études. Les programmes sont jugés trop théoriques et mal adaptés aux besoins du marché du travail.

L’UNESCO le dit clairement : « Les étudiants abandonnent à cause d’une préparation insuffisante, d’un manque d’orientation et d’une mauvaise qualité d’enseignement. »

Bourses : 81 % des étudiants viennent des familles les plus aisées

Autre point préoccupant : l’équité du système de bourses. Selon le rapport GEM 2026, 81 % des étudiants de l’enseignement supérieur viennent des deux quintiles les plus aisés. Autrement dit, les enfants des familles pauvres sont largement exclus.

Les bourses représentent 36 % des dépenses du ministère de l’Enseignement supérieur, soit le deuxième poste budgétaire. Mais elles ne sont pas basées sur le revenu, mais sur l’âge et le mérite.

Résultat : l’argent public finance surtout l’éducation des privilégiés. Le rapport souligne que si ce soutien financier a contribué à abaisser certaines barrières, il « menace la viabilité financière du secteur à long terme ».

Quel avenir pour l’éducation au Togo ?

D’un côté, le Togo a fait des progrès réels et impressionnants. Moins d’enfants exclus de l’école, plus de jeunes qui accèdent à l’université. Les réformes ont porté leurs fruits.

Mais de l’autre côté, ces progrès cachent des faiblesses structurelles. L’école forme-t-elle vraiment les jeunes pour le marché du travail ? À voir le taux de sous-emploi, la réponse est non. L’école est-elle équitable ? Les chiffres sur les bourses et l’écart filles-garçons disent le contraire.

Le rapport GEM 2026 résume bien la situation« Une expansion rapide soulève des questions sur l’équité et la qualité ». C’est là que se situe le prochain défi pour le Togo : transformer cette expansion quantitative en croissance inclusive et de qualité.

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