À la veille du Nouvel An, plusieurs détenus libérés par Faure Gnassingbé ont regagné leurs familles. Le Président du Conseil a accordé une grâce présidentielle entraînant la libération de 1 511 détenus à travers le Togo ce mercredi 31 décembre 2025. Parmi eux figurent plusieurs personnalités publiques dont les dossiers judiciaires avaient captivé l’opinion.
Les éléments du M66 parmi les détenus libérés par Faure Gnassingbé
Les noms les plus connus libérés incluent Sokpor Sitsopé Honoré, dit « Affectio », détenu depuis janvier 2025, et Grâce Koumayi, la sage-femme d’État interpellée en octobre dernier. Amavi Katanga, arrêtée en novembre, retrouve également la liberté, de même que plusieurs manifestants récemment impliqués dans l’affaire dite « M66 ».

Ces individus étaient principalement poursuivis pour des chefs d’accusation tels que l’atteinte à la sécurité intérieure de l’État, l’outrage à l’autorité et la diffusion de fausses informations. Leur libération intervient après des mois de procédures et de débats publics sur leurs cas.
La mesure présidentielle s’est également étendue à des dossiers plus anciens et hautement politiques. Vingt-sept détenus liés à l’affaire « Tigre Révolution », en rapport avec les manifestations de 2017, ont été libérés. Parmi les bénéficiaires figure aussi Abdoul Aziz Goma, le citoyen togolais-irlandais arrêté à Lomé en 2018.
Un comptable français libéré après sept mois de détention au Togo

Steeve Rouyar, un comptable français de 44 ans originaire de Guadeloupe, est enfin rentré en France après avoir passé sept mois en détention au Togo. Rouyar a été arrêté le 6 juin 2025, alors qu’il participait à des manifestations contre le gouvernement togolais peu après son arrivée de Guadeloupe. Il était accusé de plusieurs chefs d’accusation graves, notamment de « complot contre la sûreté de l’État » et de « trouble aggravé à l’ordre public », des accusations qui ont suscité l’attention internationale et une intervention diplomatique.
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Depuis la Guadeloupe, le père de Rouyar, Dominique, a exprimé un soulagement mesuré. « Il est heureux d’être libre, mais je pense qu’il en prendra pleinement conscience une fois de retour en France », a-t-il déclaré aux journalistes. « Pour l’instant, il a besoin de voir ses frères et sœurs, de recevoir les soins nécessaires et de prendre son temps avant de parler de cette épreuve. »
Dominique Rouyar a souligné le traumatisme psychologique de l’incarcération, précisant avoir conseillé à son fils de ne pas précipiter son retour à une vie normale. « Après sept mois dans une prison togolaise, il n’est pas facile de reprendre le cours de sa vie comme si de rien n’était. »
Kpatcha Gnassingbé libéré ?

La situation de l’ancien ministre de la Défense, Kpatcha Gnassingbé, reste floue suite à des informations contradictoires rapportant des résultats différents après l’amnistie présidentielle. Alors que les annonces officielles indiquaient sa libération parmi les détenus libérés par Faure Gnassingbé le 31 décembre 2025, des informations récentes suggèrent que le demi-frère du président du Conseil aurait refusé de quitter la prison.
Kpatcha Gnassingbé a été condamné à vingt ans de prison en 2009 pour atteinte à la sûreté de l’État, dans l’une des affaires judiciaires les plus sensibles politiquement du Togo. Sa détention a suscité des critiques constantes de la part des organisations de défense des droits humains, qui remettent en question l’équité du système judiciaire et le respect des procédures légales tout au long de son incarcération.
Contrairement aux premières informations faisant état de sa libération dans le cadre de la grâce collective, des sources affirment désormais que l’ancien ministre a refusé une libération anticipée, préférant purger l’intégralité de sa peine. Cette position inédite, si elle est confirmée, constituerait une prise de position politique forte remettant en cause le discours de réconciliation nationale.
Dans l’attente d’une confirmation
Le gouvernement n’a pas encore clarifié officiellement le statut actuel de Kpatcha Gnassingbé, laissant les observateurs spéculer sur les implications de cette évolution inattendue pour l’avenir politique du Togo.
Cette grâce collective, annoncée dans un communiqué officiel du gouvernement, constitue un geste fort à l’approche de la nouvelle année et a été saluée par les observateurs des droits humains comme un pas vers l’apaisement des tensions politiques au Togo.
Cet acte de clémence, par son ampleur et la notoriété de certains libérés, constitue un événement politique et social marquant de la fin d’année 2025. Il relance immédiatement les discussions sur les thèmes de la justice, de la réconciliation nationale et de l’apaisement au Togo.








