Publicité



Des témoignages signalent un retour de l’insécurité sur la plage de Lomé après le déguerpissement de septembre. Plus de 700 emplois perdus et un avenir flou.
Tout est parti d’une publication sur TikTok. Un jeune homme raconte avoir failli être agressé par des individus sur la plage de Lomé. Son récit aurait pu passer inaperçu. Mais les commentaires ont vite transformé son témoignage en caisse de résonance. Plusieurs internautes sont venus confirmer ses dires. Des récits qui dessinent une réalité préoccupante : depuis quelques semaines, la plage de Lomé ne serait plus un lieu sûr.
Ce regain d’insécurité coïncide avec l’opération de déguerpissement menée en septembre 2026 par le District autonome du Grand Lomé. Les occupants du littoral et des plages ont été délogés de force, sous le regard médusé des victimes.
Sur le moment, la question de l’après est restée sans réponse fiable. Aucun projet concret n’a été présenté pour réaménager les espaces libérés. Plus d’un mois après, l’avenir du site demeure flou.
Derrière les démolitions, il y avait des emplois. Depuis début 2022, les bars et restaurants de la plage du Golfe 1 avaient généré une centaine d’emplois, selon leurs exploitants. Serveurs, cuisiniers, chauffeurs, comptables, agents de sécurité : toute une chaîne économique reposait sur ces installations.
Ces exploitants ne se contentaient pas de créer de la richesse. Ils assuraient aussi la salubrité et la sécurité de la plage. L’insécurité y avait nettement diminué ces dernières années, précisément parce que des acteurs économiques veillaient sur le site.
Face à cette situation, le maire du Golfe 4, Jean-Pierre Fabre, monte au créneau. Il indique avoir saisi le Comité de suivi de la gestion de l’occupation anarchique du domaine public pour connaître les prochaines étapes. Il dit aussi avoir échangé avec la Préfecture maritime sur des questions relevant de sa compétence.
« Cette question mérite toute notre attention, tant l’occupation irrégulière des espaces publics constitue un enjeu important pour l’ordre urbain, la circulation, la sécurité, la salubrité et, plus largement, la qualité du cadre de vie », souligne-t-il. L’édile plaide pour une concertation entre la commune, les services de l’État, les acteurs économiques et les habitants.
Pour les habitants, l’équation est simple : déguerpir sans planifier, c’est laisser un vide que d’autres occupent. Et ce vide, aujourd’hui, semble profité à des individus mal intentionnés.
La municipalité attend désormais que les autorités précisent comment le site sera géré et aménagé, et quelles mesures garantiront la sécurité et l’attractivité du littoral. Sans réponse claire, la plage de Lomé risque de rester ce qu’elle est devenue : un espace sans surveillance, où les agressions se multiplient.
Reste une question lancinante. Déguerpir était-il nécessaire ? Peut-être. Mais déguerpir sans rien prévoir, c’est exposer les Loméens à un danger que les exploitants délogés contenaient jusque-là.