Elles rêvaient de tôles pour refaire leur toiture, d’ustensiles de cuisine ou d’un frigo pour conserver leurs aliments. À Dapaong, dans la région des Savanes, des femmes vulnérables ont cru trouver la solution dans une structure répondant au nom évocateur de « Fidélité Humaine ». Aujourd’hui, elles n’ont plus que leurs carnets de cotisation et une colère froide.
Selon les informations rapportées par Laabali Media, cette structure, qui se présentait comme une microfinance ou une tontine informelle, a mis en place un système de cotisations quotidiennes contre promesse de matériel. Sous le slogan accrocheur « Fidélité humaine vous offre tout ce dont vous avez besoin », des collectrices parcouraient les concessions pour encaisser de petites sommes journalières.
150 FCFA par jour pour une carafe facturée 37 000 FCFA
Le mécanisme était simple en apparence : les femmes escroquées versaient quotidiennement de petites sommes, généralement entre 150 et 500 FCFA, avec la promesse qu’à terme, elles recevraient du matériel de construction ou des appareils électroménagers.
Sauf que le piège était dans les prix. Une victime témoigne : « J’ai cotisé pour l’achat d’une carafe facturée 37 000 FCFA, à raison de 150 FCFA par jour, alors que le même article coûterait entre 6 000 et 12 000 FCFA dans les boutiques locales. »
Certaines femmes auraient versé jusqu’à 50 000 FCFA, soit le double, voire le triple de la valeur réelle des marchandises promises. Mais dans un contexte de précarité, l’absence d’épargne disponible et l’impossibilité d’acheter au comptant ont rendu cette offre séduisante.
Les responsables en fuite, l’argent introuvable
La désillusion a été brutale. Les fonds collectés se sont volatilisés, et les responsables présumés ont pris la poudre d’escampette. L’un d’eux, soupçonné de s’être enrichi après la collecte, aurait été interpellé alors qu’il tentait de quitter la zone. Il aurait reconnu que ses complices détenaient l’essentiel des sommes collectées.
En guise de dédommagement, certaines femmes auraient reçu des seaux en plastique, loin, très loin des tôles et du ciment promis. La mère d’un des responsables se serait engagée auprès des autorités à rembourser au nom de son fils, mais à ce jour, les victimes n’ont récupéré ni leur argent ni les biens attendus.
Cette affaire de fausse microfinance ou de tontine informelle met en lumière un problème récurrent dans les zones rurales et périurbaines du Togo : la prolifération de structures financières informelles non contrôlées qui exploitent la vulnérabilité des populations.
Face à l’exclusion bancaire et à l’absence de solutions d’épargne adaptées, ces systèmes de tontine déguisés prospèrent, promettant monts et merveilles à des femmes qui n’ont souvent que leur force de travail et leur espoir pour se projeter dans l’avenir.











