L’inquiétude grandit dans les foyers togolais. Depuis plusieurs jours, des coupures d’électricité récurrentes agacent les populations et paralysent certaines activités. Face à cette situation, le Directeur général de la Compagnie Energie Electrique du Togo (CEET), Débo-K’mba BARANDAO, est sorti du silence pour expliquer l’origine de ces désagréments et annoncer des mesures concrètes.
Des coupures d’électricité localisées et momentanées
Dans un entretien accordé à la télévision nationale, le premier responsable de la CEET a tenu à rassurer d’emblée : « Les perturbations que nous connaissons actuellement sont des perturbations momentanées, localisées. Ce ne sont pas des perturbations d’ampleur qui couvrent tout le réseau ou bien tous les clients » .
Selon lui, le phénomène se manifeste principalement « aux heures de forte demande, c’est-à-dire le soir lorsque tout le monde est à la maison et branche les équipements, allume les lampes pour les éclairages » .
Des contraintes chez les fournisseurs étrangers
Mais la cause ne se limite pas à la seule consommation nationale. Le Togo importe une partie de son électricité de ses voisins, et ceux-ci rencontrent également des difficultés. « Il arrive un moment où nos fournisseurs traditionnels, qui sont le Ghana ou le Nigeria, aussi pour les mêmes raisons d’exploitation de leur réseau national, sont amenés à réduire la fourniture, ce qui nous laisse avec un déficit qu’on doit gérer » , a détaillé le directeur général de la CEET.
Des défis techniques liés à l’interconnexion
Le Directeur général a également évoqué des causes techniques liées à l’interconnexion des réseaux : « Nous sommes dans la conjonction de deux réseaux, le réseau du Ghana et le réseau du Nigeria. Ce basculement fait qu’on est obligé de passer par des coupures » . Un défi supplémentaire lorsque l’un des fournisseurs se retire spontanément du réseau, obligeant à des réajustements techniques complexes .
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Les mesures d’urgence activées
Face à cette situation immédiate, la CEET a actionné deux leviers principaux :
1. Réduction des maintenances programmées
« À cette période de forte chaleur et de forte demande d’électricité, on a décidé de réduire au minimum, de limiter les interruptions pour la maintenance programmée. Ce qui veut dire qu’on ne pourra intervenir que pour des maintenances curatives » , a indiqué le DG .
2. Appel à la solidarité des industriels
La direction a rencontré les gros consommateurs pour les appeler à limiter leur usage aux heures de pointe. « On a eu des entretiens avec eux pour les amener aux heures de forte demande, donc le soir, à se retirer volontairement et qu’ils utilisent leurs équipements propres de production » . Une démarche qui, selon M. BARANDAO, a rencontré la « compréhension » et la « coopération » des clients industriels .
Le cap sur le solaire et les nouveaux investissements
Pour le long terme, la CEET mise sur le développement des énergies renouvelables. Le Togo peut déjà compter sur la centrale thermique de Kontourgbobal, la centrale Kékéli ou la centrale solaire de Blitta. Mais d’autres projets viendront renforcer le mix énergétique :
- Centrale solaire de Dapaong (région des Savanes)
- Centrale solaire de Sokodé (région centrale)
- D’autres initiatives pour accroître la capacité de production nationale
« Bientôt, on pourra avoir en addition dans le parc ces nouvelles infrastructures » , s’est félicité le Directeur général de la CEET.
Les perturbations actuelles sont donc le résultat d’une conjonction de facteurs : pic de consommation nationale, tensions sur les réseaux des fournisseurs étrangers, et défis techniques d’interconnexion. La CEET assure travailler sur tous les fronts pour réduire ces désagréments, avec des mesures d’urgence immédiates et des investissements structurants pour l’avenir.
Reste à savoir si ces annonces suffiront à calmer l’impatience des populations, qui attendent avant tout un service fiable et continu.










