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Impayés, gaz, Nigeria : les vraies raisons derrière les coupures de courant au Togo

Les coupures de courant au Togo ces dernières semaines ne sont pas le fruit du hasard. Ils s’expliquent par une dépendance structurelle du pays aux importations d’électricité, principalement en provenance du Nigeria et du Ghana.
Pour mesurer l’ampleur du problème, il faut regarder les chiffres. La demande nationale de pointe atteint environ 360 MW (premier trimestre 2026, ndlr), avec une croissance annuelle d’environ 10 %. Or, la capacité de production nationale mobilisable tourne autour de 180 MW. Le reste doit donc être importé. Le Nigeria fournit environ 75 MW et. l’apport du Ghana est à environ 60 MW.
Les impayés de la CEET pointés du doigt
Le rapport de la NERC apporte un éclairage cru sur la relation financière entre le Nigeria et ses voisins. Au deuxième trimestre 2026, les clients internationaux (Togo, Bénin, Niger) ont été facturés 18,84 millions de dollars. Seulement 8,67 millions ont été payés, soit un taux de recouvrement de 46,02 %.
Le cas de la CEET est édifiant. La compagnie togolaise devait régler 1,68 million de dollars pour le trimestre. Elle n’en a payé que 1,15 million, laissant un solde impayé d’environ 530 000 dollars. La CEET a certes versé 1,67 million de dollars pour éponger des dettes antérieures, mais la facture courante reste partiellement impayée.
Un faisceau de causes, pas une seule explication des coupures de courant au Togo
Faut-il y voir un lien de cause à effet direct entre ces impayés et la réduction de la fourniture nigériane ? La prudence est de mise. Le Nigeria fait lui-même face à d’énormes contraintes internes : un réseau instable, des infrastructures de transport vétustes et des obligations financières complexes.
De plus, le Togo a subi d’autres chocs en 2026. La maintenance du Gazoduc de l’Afrique de l’Ouest, en août et septembre, a interrompu l’approvisionnement en gaz des centrales thermiques. Une situation qui a affecté à la fois la production nationale et les importations. Les délestages sont donc le symptôme d’un système sous tension, où les mégawatts, le gaz et les paiements sont étroitement liés.
Le paradoxe togolais
La situation est d’autant plus paradoxale que le Togo cherchait, en mars 2026, à augmenter ses importations auprès du Nigeria. Des discussions avaient été engagées avec la Niger Delta Power Holding Company (NDPHC) pour sécuriser davantage de mégawatts.
Mais pour que ce type d’accord fonctionne, encore faut-il pouvoir payer. Or, la dépendance du Togo à l’égard des importations le rend vulnérable aux décisions de ses voisins. La baisse de la fourniture nigériane réduit mécaniquement la marge disponible pour alimenter le réseau togolais.
Ce que cela change pour les Togolais
Pour les ménages et les entreprises, l’équation est simple : tant que la production nationale ne couvrira pas la demande de pointe, le pays restera à la merci des aléas de ses fournisseurs.
À court terme, les autorités doivent sécuriser les paiements pour maintenir la confiance des partenaires. À long terme, l’enjeu est de renforcer la production propre et de diversifier les sources d’énergie, notamment avec le solaire. En attendant, les Togolais risquent de devoir composer avec des coupures imprévisibles.
Source : Rapport trimestriel de la Nigerian Electricity Regulatory Commission (NERC) pour le deuxième trimestre 2026, publié le 29 septembre 2026
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