Le conflit maritime opposant le Togo au Ghana vient de connaître un nouveau rebondissement. Vendredi 20 février 2026, le Ghana a officiellement saisi l’arbitrage international pour trancher le différend maritime avec le Togo. Au cœur de ce conflit : pétrole, gaz offshore et stabilité économique dans le golfe de Guinée.
À quand remonte ce différend ?
Le conflit maritime Togo-Ghana remonte à l’époque coloniale. Le Togo, ancienne possession allemande puis française, et le Ghana, ex-colonie britannique, ont une frontière terrestre bien définie, mais la frontière maritime n’a jamais été tracée officiellement.
Depuis leur indépendance en 1960, cette absence de délimitation a créé une zone grise, à l’origine de tensions et incidents maritimes. La situation est devenue critique avec l’essor de l’exploitation pétrolière et gazière offshore, ainsi que la gestion des ressources halieutiques.
Les négociations échouées
Entre 2016 et 2026, les deux pays ont multiplié les rencontres et comités techniques :
- Une dizaine de réunions techniques alternant entre Accra et Lomé
- Des sous-groupes spécialisés sur les cartes et coordonnées maritimes
- Plusieurs interventions au niveau présidentiel
Pour le Ghana, la frontière maritime coutumière était traditionnellement respectée depuis des décennies. Le Togo, lui, soutenait qu’aucun accord formel de délimitation n’avait jamais été signé.
Ces désaccords ont mené à la création d’une « zone transfrontalière », située au-dessus du bassin de Keta, riche en pétrole et gaz offshore. Les incidents maritimes, comme l’interception de navires ghanéens pour prospection sismique, ont accentué les tensions.

L’arbitrage international : une solution juridique pour le conflit maritime Togo-Ghana ?
Le 20 février 2026, le Ghana a annoncé sa décision de recourir à l’arbitrage prévu par la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM). Cette procédure offre un cadre juridique neutre et contraignant, évite la saisine directe de la Cour internationale de justice et permet de trancher les différends complexes de manière légale.
Le Ghana s’appuie sur le précédent Côte d’Ivoire (2014-2017), où le Tribunal international du droit de la mer (TIDM) avait confirmé la frontière ghanéenne, sécurisant les investissements pétroliers.
Selon le ministre des Communications ghanéen, Félix Kwakye Ofosu, l’arbitrage vise également à prévenir une escalade des incidents et à préserver les relations diplomatiques de longue date avec le Togo.
Des enjeux économiques et stratégiques
La zone contestée fait partie de la Zone Économique Exclusive (ZEE) s’étendant sur 200 milles marins. Les enjeux sont : exploitation pétrolière et gazière offshore, pêche et ressources halieutiques, développement de l’économie bleue et projets d’investissements.
Pour le Ghana, obtenir une frontière juridiquement reconnue apporte sécurité et prévisibilité aux investisseurs, tout en garantissant stabilité et coopération régionale. L’arbitrage devrait durer plusieurs années, avec la présentation de données historiques, cartographiques et techniques, pour assurer un règlement légal, pacifique et équitable.
Au-delà du Ghana et du Togo, le résultat de cet arbitrage pourrait montrer comment régler pacifiquement les conflits maritimes en Afrique de l’Ouest, renforcer l’économie dans le golfe de Guinée et protéger les ressources importantes en mer.










