À l’occasion de la 17e Conférence des présidents d’Assemblée de la région Afrique de l’APF (Assemblée parlementaire de la Francophonie), organisée à Lomé le 7 avril 2026, plusieurs regroupements de l’opposition togolaise ont interpellé la Francophonie.
Ils dénoncent un décalage entre les valeurs démocratiques affichées et la situation politique au Togo.
Une contestation de la représentativité parlementaire
Réunis face à la presse, des mouvements tels que la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK), la Dynamique pour la majorité du peuple (DMP), le mouvement Lumière pour le Développement dans la Paix (LDP) et le Front « Touche Pas à Ma Constitution » ont exprimé leurs préoccupations.
Ces formations critiquent la composition actuelle de l’Assemblée nationale, qu’elles jugent peu représentative. Elles évoquent une institution « monocolore », issue d’un scrutin législatif contesté, et dénoncent l’absence significative de l’opposition dans les instances parlementaires internationales, notamment au sein de l’APF.
Elles remettent également en cause le rôle de Organisation internationale de la Francophonie, accusée d’avoir validé des processus électoraux contestés, notamment à travers la certification du fichier électoral de 2024.
La Francophonie accusée de complaisance
Au-delà du cadre national, l’opposition élargit ses critiques à la Francophonie elle-même. Elle appelle à une réforme de l’organisation afin qu’elle devienne « la Francophonie des peuples », davantage alignée sur les réalités démocratiques des États membres.
L’organisation de la conférence à Lomé est perçue comme un signal politique fort. Selon ces regroupements, accueillir un tel événement confère une forme de reconnaissance aux autorités togolaises, en décalage avec les standards démocratiques que l’organisation dit promouvoir.
Libertés publiques et réformes contestées
Les opposants évoquent également un contexte marqué par la réforme constitutionnelle adoptée en avril 2024, qui a instauré un régime parlementaire. Ils dénoncent un changement opéré sans consultation populaire et dans des conditions qu’ils jugent contestables.
Ils pointent par ailleurs une concentration du pouvoir autour de Faure Gnassingbé, ainsi qu’une réduction de l’espace civique. Interdictions de manifestations, restrictions des activités politiques et cas d’intimidation sont évoqués.
La question des détenus politiques est également soulevée, avec des appels à leur libération, au retour des exilés et à l’ouverture d’un dialogue politique inclusif.
Des appels à une transition démocratique
Face à cette situation, les regroupements de l’opposition demandent à la Francophonie de revoir sa position et de « reconnaître sa responsabilité » dans ce qu’ils qualifient de déséquilibre institutionnel. Ils appellent à un processus de transition démocratique plus inclusif et transparent, estimant que seule une réforme profonde du système politique permettra de restaurer la confiance des citoyens.










