Sylvanus Olympio, Sankara, Kadhafi… les 7 chefs d’État africains assassinés par les puissances occidentales

Sylvanus Olympio, Sankara, Kadhafi... les 7 chefs d’État africains assassinés par les puissances occidentales

Depuis les premières heures de l’indépendance, certains chefs d’État africains par les puissances occidentales ont voulu rompre radicalement avec les vestiges du colonialisme et reprendre le contrôle de leurs ressources, de leur économie et de leur destin.

Mais à quel prix ? Nombre d’entre eux ont été victimes de morts brutales et suspectes. Leurs fins tragiques laissent planer de lourds soupçons sur des interventions étrangères motivées par des intérêts économiques et géopolitiques.

Les sept chefs d’État africains dont la disparition soulève des interrogations

1. Patrice Lumumba (RDC)

Premier Premier ministre de la République démocratique du Congo, Patrice Lumumba a été assassiné en 1961, à peine quelques mois après l’indépendance du pays. Défenseur acharné de la souveraineté nationale, il voulait se libérer de la tutelle belge et contrôler les richesses minières congolaises. Des documents de la CIA et du gouvernement belge ont confirmé leur implication indirecte dans son élimination. Il refusait toute compromission avec les blocs de la guerre froide, ce qui l’a rendu gênant.

Lire aussi  Brahim Diaz de retour au Real Madrid : ce qui l’attend après la finale de la CAN

2. Thomas Sankara (Burkina Faso)

Surnommé « le Che Guevara africain », Thomas Sankara dirigeait le Burkina Faso de 1983 à 1987. Il a mis en œuvre des réformes audacieuses : lutte contre la corruption, promotion des droits des femmes, autosuffisance alimentaire et rejet de la dette imposée par les institutions financières internationales. Son assassinat en 1987 lors d’un coup d’État mené par Blaise Compaoré, son ami devenu rival, serait lié à des intérêts étrangers alarmés par son discours anti-impérialiste et panafricaniste.

3. Mouammar Kadhafi (Libye)

Dirigeant de la Libye pendant plus de 40 ans, Kadhafi avait un projet : créer une monnaie africaine indépendante adossée à l’or, et renforcer l’unité continentale. En 2011, il est renversé et tué suite à une intervention militaire menée par l’OTAN. Si son régime était autoritaire, ses ambitions panafricaines et sa volonté de sortir du système financier occidental ont fortement déplu à plusieurs grandes puissances.

4. Sylvanus Olympio (Togo)

Premier président du Togo, Sylvanus Olympio est assassiné en janvier 1963, quelques mois après avoir tenté de sortir du giron militaire français. Il refusait l’ingérence de l’ex-puissance coloniale et souhaitait créer une économie nationale indépendante. Son assassinat, lors d’un coup d’État militaire mené par Gnassingbé Eyadema, aurait été facilité par des forces hostiles à sa volonté de souveraineté.

Lire aussi  CAN 2025 : Mohammed VI appelle au calme après les incidents de la finale

5. Amílcar Cabral (Guinée-Bissau / Cap-Vert)

Militant anti-colonial et stratège politique, Amílcar Cabral a été assassiné en 1973, peu avant l’indépendance de la Guinée-Bissau. Bien que tué par des dissidents internes, de nombreuses enquêtes pointent vers un rôle indirect des services de renseignement portugais, inquiets de son efficacité et de son influence croissante sur les mouvements de libération en Afrique lusophone.

6. Murtala Mohammed (Nigeria)

Chef d’État nigérian entre 1975 et 1976, Murtala Mohammed s’est distingué par sa politique étrangère offensive et son engagement contre l’apartheid en Afrique du Sud. Il a été assassiné lors d’une tentative de coup d’État menée par des officiers subalternes. Sa politique de non-alignement, sa volonté de réformer l’armée et de renforcer l’indépendance du Nigeria ont pu lui valoir des ennemis, au sein comme hors du pays.

Lire aussi  Le Real Madrid menacé d'un procès !

7. Laurent-Désiré Kabila (RDC)

Président de la RDC de 1997 à 2001, Kabila avait lancé une campagne de reconquête des ressources naturelles congolaises, jusque-là exploitées par des multinationales étrangères. Il meurt assassiné par l’un de ses gardes du corps, dans des conditions encore floues. Son projet de récupération des richesses nationales a menacé des intérêts économiques bien établis en Afrique centrale.

Bien que les contextes et les idéologies de ces leaders soient différents, un point commun les relie : leur volonté de libérer l’Afrique des chaînes du néocolonialisme. Aujourd’hui encore, des documents classifiés, des témoignages et des analyses géopolitiques laissent entendre que leurs morts ne relèvent pas du hasard. Ces histoires soulignent une vérité inconfortable : l’émancipation africaine a souvent été perçue comme une menace par ceux qui avaient intérêt à maintenir le continent sous contrôle.

Rejoins notre chaîne WhatsApp