La Bluemind Foundation a tenu une conférence de presse en ligne le samedi 7 mars 2026 pour faire le point sur ses programmes de santé mentale en Afrique francophone. L’organisation, active au Togo, en Côte d’Ivoire et au Cameroun, déploie des initiatives innovantes pour prévenir les troubles mentaux chez les femmes.
Fondée par Marie-Alix De Putter, la fondation agit sur plusieurs fronts pour rendre la santé mentale accessible à toutes. « La santé mentale, c’est la santé », a rappelé sa fondatrice, soulignant l’urgence d’agir sur un continent où l’Organisation mondiale de la santé estime à 150 millions le nombre de personnes souffrant de troubles mentaux.
Trois leviers stratégiques pour impacter les femmes
L’organisation s’appuie sur trois partenariats majeurs pour déployer ses actions. D’abord, Praxis, une organisation américaine spécialisée dans l’accélération du leadership, accompagne la fondatrice à travers du coaching, du mentorat et un appui à la levée de fonds.
Ensuite, l’émission humanitaire internationale The Fixers, diffusée sur la chaîne américaine BYUtv, a produit un épisode au Togo en mai 2024. Ce reportage a permis la création d’un centre d’appel dédié à la prévention du suicide et de l’addiction, offrant aux jeunes un espace de soutien psychologique.

Heal by Hair : former des coiffeuses pour détecter les souffrances
Le programme phare de la fondation, Heal by Hair, repose sur un concept innovant : former des coiffeuses comme ambassadrices de santé mentale. Ces femmes, en contact direct et privilégié avec leur clientèle, deviennent des relais pour identifier les personnes en souffrance et les orienter vers des agents de santé communautaire.
À ce jour, près de 1 000 coiffeuses ont été formées au Togo, en Côte d’Ivoire et au Cameroun, permettant de toucher environ 300 000 femmes. Au Cameroun, un programme pilote a été lancé à Douala.
Des ambitions à l’horizon 2030
Marie-Alix De Putter a dévoilé les objectifs ambitieux de la fondation pour 2030 : former 10 000 coiffeuses dans au moins 20 villes stratégiques pour atteindre 1,5 million de femmes, renforcer l’infrastructure communautaire de santé mentale et soutenir la recherche. Le budget nécessaire pour ce déploiement est estimé à 7 millions d’euros, soit environ 4,6 milliards de francs CFA.
Face au faible investissement des États dans la santé mentale, seulement 2% des budgets santé en moyenne, ces initiatives privées apparaissent comme un complément essentiel aux politiques publiques.











