Un affrontement profond et public se déroule visiblement au Togo, opposant les forces de sécurité de l’État aux défenseurs des droits humains. Au cœur de cette polémique grandissante se trouve l’affaire Grace Koumayi, une sage-femme dont l’arrestation en juin a donné lieu à de graves accusations de viol et de mauvais traitements à l’encontre de gendarmes nationaux, allégations que l’institution de sécurité réfute catégoriquement.
Un démenti catégorique de la gendarmerie
Face aux accusations, la gendarmerie nationale a rompu le silence par un communiqué officiel. Elle rejette fermement les accusations de mauvaise conduite. Le communiqué affirme qu’aucun acte de violence sexuelle n’a été constaté durant la garde à vue de Mme Koumayi et maintient que toutes les personnes détenues ont été traitées dans le plein respect des procédures légales. Cette position officielle est présentée comme la version définitive des événements entourant son arrestation.
Les défenseurs des droits humains rejettent la version officielle
Cependant, cette version des faits est directement contestée par le Mouvement Martin Luther King (MMLK). Cette importante organisation togolaise de défense des droits humains a qualifié la communication de la gendarmerie de « tardive » et peu convaincante.
Sous la direction du pasteur Edoh Komi, le MMLK insiste sur le fait que la déclaration officielle contredit de multiples témoignages concordants recueillis peu après la libération de certains détenus arrêtés lors des manifestations de juin contre la hausse du coût de la vie.
Témoignages troublants de maltraitance
Le MMLK affirme avoir rencontré directement Grace Koumayi, qui a fourni un récit « détaillé et cohérent » des mauvais traitements qu’elle aurait subis en détention. Son témoignage n’est pas isolé. Le communiqué cite également les témoignages d’autres organisations de femmes, notamment Amavi Katanga, et de jeunes militants comme Bertin, un leader étudiant. Ces récits collectifs font état de violences physiques et psychologiques graves qui, selon le MMLK, pourraient s’apparenter à des actes de torture.
Au-delà de la polémique, le MMLK lance un appel vibrant pour la libération immédiate de Grace Koumayi et des autres personnes détenues. Leur plaidoyer repose sur une combinaison convaincante d’arguments juridiques et culturels, affirmant qu’il est « inconcevable » de maintenir en détention des mères allaitantes ou des mères de nourrissons.
« Séparer une mère de son enfant dans de telles conditions heurte nos valeurs fondamentales », argumente le groupe dans sa déclaration, s’adressant directement aux magistrats, au ministre de la Justice et à la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH).
Le MMLK avertit que les implications de l’affaire Grâce Koumayi dépassent largement le cadre d’un seul individu, menaçant de ternir l’image du pays et d’entraîner un discrédit international à un moment où les libertés publiques sont soumises à un examen minutieux au niveau régional. L’organisation réclame une enquête complète et transparente afin de faire éclater la vérité.