L’ONU a été saisie ce lundi 18 mars par trois avocats, qui ont lancé une procédure d’urgence pour obtenir la libération d’Abdoulkarim Aden Cher.
En effet, l’ancien ministre djiboutien du Budget est détenu depuis deux ans en attendant un éventuel procès. Il est accusé de corruption passive, trafic d’influence, détournements de fonds publics et entrave à la loi.
« Tout est au point mort et Abdoulkarim Aden Cher se trouve dans une situation désespérante. » Pour Me Hector Bernardini, il s’agit d’une urgence.
Hector Bernardini
Les avocats affirment que Cher est maintenu en détention dans des conditions inhumaines, sans aucune avancée dans son dossier judiciaire depuis plus de 18 mois.
Dans leur requête adressée au Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme, les avocats espèrent accélérer le processus en faisant pression sur les autorités djiboutiennes pour obtenir la libération immédiate de Cher et garantir un procès équitable.
Ils soulignent que Cher est détenu sans aucune avancée dans son dossier judiciaire, et dénoncent des violations des droits fondamentaux, notamment l’absence de procédure légale lors de sa garde à vue et la violation de sa présomption d’innocence par le procureur.
L’arrestation de Cher en 2022 a été précédée de son limogeage du gouvernement, suite à des accusations de mal gouvernance et de césarisme. Cher, opposant politique, avait dénoncé sur les réseaux sociaux les pratiques du gouvernement et avait été arrêté peu après. Il a depuis affirmé que son arrestation était motivée politiquement et a clamé son innocence.
Actuellement détenu à la prison centrale de Gabode, Cher serait soumis à des conditions de détention dégradantes et inhumaines, selon ses avocats. Ils décrivent une cellule insalubre infestée de rats et de cafards, où Cher serait contraint de dormir sur un matelas par terre, sans accès à l’extérieur et avec des visites surveillées.
Les avocats ne disposent d’aucune information sur une éventuelle date de procès pour Cher, et la situation semble stagnante. La requête adressée à l’ONU vise à faire avancer le dossier et à garantir le respect des droits de Cher, notamment celui d’un procès équitable et de conditions de détention dignes.







