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AVC : visage déformé, bras paralysé, parole difficile… Le Pr Mofou Belo explique les signes à reconnaître et les gestes qui sauvent au Togo.

Un visage qui se déforme, un bras qui ne répond plus, des mots qui ne sortent pas : face à un AVC, chaque minute compte. Au Togo, cette maladie a causé 365 décès en 2023 dans les formations sanitaires. Le Pr Mofou Belo, du ministère de la Santé, rappelle les signes à reconnaître et les gestes qui peuvent sauver une vie.
Le spécialiste dirige la division de la surveillance des maladies non transmissibles au ministère en charge de la Santé. Il s’est confié à l’Agence togolaise de presse (ATOP) dans un entretien publié le 30 octobre 2026. Son message tient en une phrase : devant les premiers signes, on ne prie pas, on ne patiente pas, on file à l’hôpital.
L’accident vasculaire cérébral survient quand un vaisseau qui irrigue le cerveau se bouche à cause d’un caillot, ou quand il se rompt. Dans les deux cas, une partie du cerveau ne reçoit plus le sang et l’oxygène dont elle a besoin. Les médecins parlent d’AVC ischémique dans le premier cas, et d’AVC hémorragique dans le second.
D’après le Pr Mofou Belo, la prise en charge doit intervenir dans un délai de moins de quatre heures. Au-delà, les lésions risquent de s’aggraver et de laisser des séquelles durables.

Les symptômes apparaissent le plus souvent de façon brutale. Il suffit d’un seul d’entre eux pour réagir :
Même si les signes disparaissent au bout de quelques minutes, une consultation en urgence reste indispensable, insiste le spécialiste.
Le premier geste : conduire la personne sans attendre vers une structure de santé capable de la prendre en charge. Pas de remède traditionnel, pas de médicament conseillé par un voisin, pas d’attente jusqu’au lendemain, même si l’AVC survient en pleine nuit. Notez l’heure d’apparition des premiers signes et donnez-la aux soignants : cette information guide le traitement.
Le Pr Mofou Belo met aussi en garde contre un réflexe courant : passer d’abord par un centre de prière. « Allez directement à l’hôpital », conseille-t-il. D’autres peuvent prier pour le malade pendant qu’il est soigné.
Selon l’Annuaire des statistiques sanitaires 2023 du ministère, les formations sanitaires togolaises ont enregistré 4 756 consultations et 1 924 hospitalisations liées aux AVC cette année-là. Une étude menée dans des hôpitaux du pays, publiée en 2023, évalue l’incidence à près de 80 cas pour 100 000 habitants chaque année, avec une mortalité de 27,5 % parmi les patients suivis. Ces chiffres ne couvrent que les cas vus à l’hôpital.
Les hôpitaux s’équipent progressivement : le CHR Lomé-Commune dispose par exemple d’une nouvelle technologie pour mieux prendre en charge les AVC.
L’AVC ne touche pas que les personnes âgées : des adultes jeunes, et même des enfants, peuvent en être victimes. La bonne nouvelle, c’est que la plupart des facteurs de risque sont évitables. L’hypertension arrive en tête, suivie du diabète, de l’excès de cholestérol, de l’obésité, du manque d’activité physique, du tabac et de l’alcool.
Le spécialiste recommande de faire contrôler régulièrement sa tension, de surveiller sa glycémie et de prendre ses traitements sans les interrompre. Il conseille aussi de manger moins salé et moins gras, de consommer des fruits et légumes, et de bouger au moins 30 minutes trois fois par semaine. Un tensiomètre se trouve dans la plupart des pharmacies : pensez-y lors de votre prochain passage, y compris dans les pharmacies de garde de Lomé.
Source : Agence togolaise de presse, entretien avec le Pr Mofou Belo, 30 octobre 2026. Illustrations : Blausen Medical (CC BY 3.0) et NHLBI (domaine public).