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Au sommet Russie-Afrique, Faure Gnassingbé a défendu trois priorités pour le partenariat avec Moscou : la souveraineté, la paix et la formation des jeunes.

Souveraineté, paix, emplois. Faure Gnassingbé a résumé en trois messages ce que le Togo attend de la Russie. Le président du Conseil a pris la parole jeudi 29 octobre 2026 au Grand Palais du Kremlin, lors de la première séance plénière du troisième sommet Russie-Afrique, devant Vladimir Poutine et plusieurs dirigeants africains.
Son intervention a duré un peu plus de quatre minutes. Après avoir remercié son hôte pour l’accueil réservé à la délégation togolaise, il a posé le cadre : « La force d’un partenariat se mesure à ce qu’il permet de construire, à la liberté qu’il donne à chacun de choisir son avenir, à la paix qu’il contribue à préserver. » Puis il a annoncé « trois simples réflexions » sur l’avenir de la coopération entre la Russie et l’Afrique.
Le premier message porte sur la souveraineté. Pour Faure Gnassingbé, elle « prend tout son sens lorsqu’elle permet à un peuple de décider de sa trajectoire et de disposer des moyens de la réaliser ». Concrètement, cela veut dire pour les pays africains « définir nos priorités, choisir librement nos partenaires » et bâtir des relations fondées sur le respect mutuel.
Il a étendu cette idée aux grandes institutions internationales : l’Afrique doit participer pleinement aux décisions qui engagent son avenir, et sa voix doit davantage compter là où se décident les réponses aux crises mondiales.
Deuxième point : la sécurité. « Nous savons ce que l’insécurité coûte à nos populations. Elle bouleverse les familles, elle ferme les écoles, elle interrompt les activités économiques », a rappelé le chef du gouvernement togolais. Un constat qui parle directement aux habitants des Savanes, région touchée par les attaques jihadistes depuis 2021.
Selon lui, la coopération sécuritaire doit répondre aux priorités fixées par les États africains eux-mêmes et soutenir leurs propres initiatives de prévention des crises. Elle doit aussi s’accompagner de services publics, d’emplois et de confiance entre les citoyens et leurs institutions. Le Togo, qui joue régulièrement les médiateurs dans la région, a défendu la place du dialogue : « Rapprocher les parties exige de la patience. Construire un compromis exige de la constance. Faire durer la paix exige un engagement collectif. »

Le troisième message est le plus concret. « Les populations attendent légitimement des résultats concrets », a lancé Faure Gnassingbé. Il a cité trois secteurs : l’agriculture, l’énergie et les infrastructures. Mais il a insisté sur un point : chaque projet doit aussi transmettre des compétences. « Former des ingénieurs et des techniciens, soutenir les entrepreneurs, rapprocher la recherche des besoins de nos économies : voilà comment construire des capacités durables. »
Ce discours fixe la ligne que Lomé veut tenir avec Moscou : des partenariats choisis, pas imposés, et mesurés à ce qu’ils rapportent sur le terrain. Pour les jeunes, l’accent mis sur la formation n’est pas abstrait. Plus de 440 Togolais étudient déjà dans des universités russes, et les candidatures augmentent chaque année. Reste à voir quels projets sortiront réellement de la commission mixte entre les deux pays : son calendrier de travail n’a pas encore été rendu public.
Le sommet a déjà produit des résultats. Dans son propre discours, Vladimir Poutine a salué l’intention du Togo d’ouvrir prochainement une ambassade à Moscou. Le lendemain, les deux dirigeants ont fait le point au Kremlin sur les sept accords déjà signés : nous racontons leur échange, avec un moment d’humour. Plus tôt dans la semaine, Lomé et Moscou avaient aussi signé un accord dans le secteur maritime.
Source : présidence du Conseil, vidéo de l’intervention du 29 octobre 2026 ; site officiel de la présidence russe pour le discours de Vladimir Poutine.