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Le plan du Togo pour tuer la corruption à la racine

La lutte contre la corruption ne se limite plus aux tribunaux et aux bureaux des enquêteurs. Au Togo, elle s’invite désormais dans les amphithéâtres. La Haute Autorité de prévention et de lutte contre la corruption (HAPLUCIA) a franchi une nouvelle étape en formant, la semaine dernière, des enseignants-chercheurs de l’Université de Kara.
L’objectif est clair : préparer le terrain pour intégrer officiellement l’éducation anticorruption et la promotion de l’intégrité dans les programmes universitaires dès l’année académique 2026-2027. Une initiative qui vise à changer les mentalités avant même que les étudiants n’entrent sur le marché du travail.
Des enseignants outillés pour transmettre l’éducation anticorruption
Pour réussir ce pari, il fallait d’abord convaincre et équiper ceux qui seront en face des étudiants. La formation du 16 octobre a porté sur les notions fondamentales de corruption, de prévention et de bonne gouvernance.
Mais au-delà de la théorie, les enseignants-chercheurs ont été invités à s’approprier des supports pédagogiques spécifiques. Ils devront les adapter à leurs parcours de formation respectifs. L’idée est de ne pas imposer un cours magistral identique à tous, mais de tisser des liens entre l’éthique et les disciplines enseignées, qu’il s’agisse de droit, d’économie ou de sciences.

Une ambition qui dépasse l’université de Kara
Le président de la HAPLUCIA, Kimelabalou Aba, ne cache pas ses ambitions. « Ce projet que nous implémentons aujourd’hui est porteur d’une ambition qui dépasse le seul cadre universitaire », a-t-il déclaré.
L’Université de Kara sert en réalité de laboratoire d’expérimentation. Si les résultats sont concluants, le dispositif pourrait être étendu à d’autres établissements d’enseignement supérieur, mais aussi aux centres de formation professionnelle. L’idée est de créer une culture de l’intégrité à tous les niveaux de la société.
Un processus déjà bien avancé
Cette étape à Kara n’est pas un coup d’essai. Elle s’inscrit dans une dynamique lancée depuis plusieurs mois. En février 2026, la HAPLUCIA avait déjà démarré une phase pilote à l’École nationale d’administration (ENA).
Ensuite, en septembre, neuf manuels pédagogiques consacrés à la citoyenneté, à l’éthique et à la prévention de la corruption avaient été soumis à validation. La formation des enseignants de Kara est donc la suite logique de ce travail de fond. L’objectif est de s’assurer que les outils créés sont bien compris et correctement transmis.
Ce que cela change pour les futurs cadres
Pour les autorités, la répression ne suffit pas. Il faut agir en amont sur les comportements. En sensibilisant les futurs cadres, les futurs magistrats et les futurs entrepreneurs aux méfaits de la corruption, l’État espère briser le cycle avant qu’il ne s’installe.
Pour les étudiants de l’Université de Kara, cela signifie qu’ils seront formés avec une exigence éthique supplémentaire. Ils entreront dans la vie active avec des outils pour reconnaître et refuser les pratiques douteuses. Une arme pacifique, mais essentielle, pour le développement du pays.
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