Publicité
Une pétition lancée pour monétiser YouTube au Togo

Ils font des milliers de vues, mais leur compte en banque ne bouge pas. C’est le quotidien frustrant des créateurs de contenus togolais. Sur YouTube, leurs vidéos sont vues, partagées, commentées. Mais la plateforme ne leur verse pas un centime. La raison ? Le Togo ne fait pas partie des pays éligibles au YouTube Partner Program (YPP), le dispositif qui permet aux créateurs de percevoir des revenus publicitaires.
Face à cette injustice, l’artiste GBETEGLO Efoe Senam, plus connu sous le nom de 2MB, a décidé de hausser le ton. Depuis le Canada où il est basé, il a lancé une pétition baptisée « Créer un YouTube Togo ». Objectif : interpeller Google pour intégrer le Togo au programme de monétisation et rendre accessibles YouTube Music et YouTube Premium dans le pays.
Le Togo, grand absent d’Afrique
Pour appuyer sa démarche, 2MB met en avant une comparaison qui fait mal. Le Togo ne figure pas parmi les 13 pays africains éligibles à la monétisation sur YouTube. Pourtant, des voisins comme le Ghana, le Sénégal, le Nigeria, l’Afrique du Sud ou le Kenya bénéficient déjà de ce statut.
Cette situation pénalise directement l’écosystème créatif togolais. Les vidéastes, musiciens, humoristes et éducateurs produisent du contenu de qualité, mais sont privés des fruits de leur travail. Une hémorragie de talents qui, parfois, choisissent de s’exiler ou de changer de plateforme pour survivre.
Un appel à la mobilisation pour un YouTube Togo
La pétition, accessible en ligne : https://c.org/K7bjqSSTHh, a déjà recueilli ses premiers soutiens. Mais l’objectif est de dépasser le cercle des initiés pour créer un vrai rapport de force. 2MB affirme avoir également envoyé une demande écrite au siège de Google pour formaliser cette revendication.
Le message de l’artiste est clair : il ne s’agit pas seulement de gagner de l’argent, mais de donner une chance à la culture togolaise de rayonner à l’international. « Une plateforme dédiée serait une opportunité incroyable pour partager nos histoires, notre culture et nos talents uniques avec le monde », peut-on lire dans le texte de la pétition.
Derrière la question de la monétisation se cache un défi économique majeur. Si les créateurs togolais pouvaient être rémunérés, cela stimulerait la production locale, créerait des emplois et attirerait des investissements dans le secteur des médias numériques.
La pétition vise également à ouvrir la voie à YouTube Music et YouTube Premium au Togo, des services encore indisponibles. Une aubaine pour les artistes qui pourraient enfin vivre de leurs streams légaux, sans dépendre uniquement des diffusions radio ou des téléchargements pirates.
Ce que cela change pour les internautes
Pour le public togolais, soutenir cette cause, c’est défendre la visibilité de ses propres réalités. Un « YouTube Togo » mettrait en avant les contenus locaux dans les recommandations et valoriserait la diversité culturelle du pays.
Reste à savoir si Google entendra l’appel. Les pétitions en ligne ont parfois pesé dans les décisions des géants du numérique. Mais pour l’instant, les créateurs togolais attendent. Et pendant qu’ils attendent, ils continuent de publier, sans la moindre rémunération. L’urgence est réelle.
Ne ratez plus l'actu du Togo : recevez l'essentiel sur WhatsApp. Rejoindre la chaîne Actu Lomé




