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Trente ans de musique, cela se fête. King Mensah a choisi de marquer l’événement avec un concert baptisé « Dekonu », un terme local qui renvoie à la tradition. Le spectacle se tiendra le 6 décembre 2026 au palais des congrès de Lomé.
Pour l’artiste, l’objectif va au-delà de la simple célébration. Il s’agit d’un message adressé à la jeunesse togolaise. Selon lui, un peuple qui tourne le dos à ses origines s’expose à perdre une partie de ce qui le définit. Il invite donc à faire de la culture un legs vivant, transmis avec fierté, en honorant les aînés.
L’histoire de King Mensah commence dans un environnement baigné de rythmes traditionnels. Très jeune, il intègre un ballet et découvre la scène. Sa formation passe ensuite par le théâtre populaire, avant un passage remarqué au sein d’une troupe artistique ivoirienne au début des années 1990.
Cette période ouvre la voie aux tournées internationales : Asie, Europe du Nord, France. Il séjourne plusieurs années à Paris. Son père, lui-même chanteur traditionnel, est à l’origine de cette vocation précoce.
Son premier disque paraît au milieu des années 1990. D’autres suivront régulièrement pendant plus d’une décennie. Sa musique puise dans les rythmes agbadja et dans les cultures ewe, mina et kabyè. Elle les confronte au funk, au reggae et à l’afropop.
Ce métissage se retrouve aussi dans ses langues de création : ewe, mina, kabyè et français. Une diversité qui lui a valu plusieurs distinctions, dont un prix continental du meilleur artiste traditionnel africain au début des années 2000.
Depuis le milieu des années 2000, King Mensah porte également une fondation qui vient en aide à un orphelinat proche de Lomé. Cet engagement social accompagne sa carrière depuis près de vingt ans.
Cette constance explique sans doute la place particulière qu’il occupe dans le paysage culturel togolais. Chez lui, l’artiste et le citoyen avancent dans la même direction.
Dans un contexte où les tendances internationales dominent souvent les playlists, un concert dédié à la tradition rappelle une évidence : la modernité n’oblige pas à couper les ponts avec ses origines.
Pour les jeunes créateurs, le parcours de King Papavi Mensah constitue une référence. Une carrière de trente ans se bâtit sur une identité assumée, pas sur la copie. Le 6 décembre, le public loméen aura l’occasion de le vérifier en direct.
