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TOGO

Après l’enlèvement du nouveau-né, le CHU Sylvanus Olympio durcit ses règles

Raheem Geraldo Raheem Geraldo
22 septembre 2026 3 min de lecture
Après l'enlèvement du nouveau-né, le CHU Sylvanus Olympio durcit ses règles

La direction du Centre hospitalier universitaire Sylvanus Olympio (CHU-SO) de Lomé a pris une décision forte. Cinq jours après la disparition tragique d’un nouveau-né à la maternité, l’établissement a décidé d’interdire le port du niqab et de la burqa qui dissimulent entièrement le visage.

Cette mesure immédiate vise à prémunir l’hôpital contre toute nouvelle intrusion malveillante et à garantir une identification visuelle systématique de toute personne circulant dans l’enceinte.

Retour sur les faits qui ont déclenché cette décision

Le jeudi 17 septembre 2026, un nouveau-né de sexe féminin avait disparu du service de maternité du CHU-SO. Selon le récit livré par le directeur général de l’hôpital, une femme voilée s’était glissée dans une chambre d’hospitalisation avant d’exploiter un moment d’inattention du personnel pour s’emparer du nourrisson et disparaître.

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Cette affaire avait profondément secoué l’opinion publique togolaise. Les recherches et les investigations policières se poursuivent activement, notamment grâce à l’exploitation des caméras de surveillance. Mais la direction de l’hôpital a décidé de ne pas attendre les conclusions de l’enquête pour renforcer son dispositif de sécurité.

Ce qui change désormais au CHU Sylvanus Olympio

Concrètement, l’interdiction concerne uniquement les vêtements qui dissimulent entièrement le visage :

Désormais interdit :

  • Le niqab (voile couvrant le visage, ne laissant apparaître que les yeux)
  • La burqa (vêtement couvrant intégralement le corps et le visage)

Toujours autorisé :

  • Les voiles et foulards laissant apparaître distinctement l’ensemble du visage
  • Les autres tenues vestimentaires, y compris religieuses, dès lors qu’elles permettent l’identification

Cette mesure ne vise donc pas les pratiques religieuses en général, mais uniquement les vêtements qui empêchent l’identification visuelle des personnes.

Une signalétique installée dans tout l’hôpital

Pour accompagner cette décision, une signalétique explicite et des panneaux de sensibilisation ont été promptement installés à l’entrée de la maternité ainsi que dans les différents services d’hospitalisation. L’objectif affiché par les autorités hospitalières est triple :

  1. Renforcer l’efficacité des contrôles à l’entrée et à l’intérieur de l’établissement
  2. Rationaliser le flux des visiteurs pour éviter les intrusions
  3. Garantir une identification visuelle systématique de toute personne circulant dans l’enceinte de l’hôpital

Cette disposition stricte s’inscrit dans une volonté de verrouiller durablement les accès pour éviter le renouvellement d’un tel drame.

Cette décision soulève nécessairement des questions sensibles. D’un côté, la sécurité des patients est une priorité absolue pour un établissement de santé. L’enlèvement d’un nourrisson est un drame qui justifie des mesures fortes. De l’autre côté, l’interdiction de vêtements à connotation religieuse peut être perçue comme une restriction des libertés individuelles. Certaines femmes portant le niqab pourraient se sentir discriminées ou exclues de l’accès aux soins.

La direction du CHU-SO devra donc veiller à ce que cette mesure soit appliquée avec discernement et sans stigmatisation. L’objectif n’est pas d’interdire une pratique religieuse, mais de garantir la sécurité de tous.

Au-delà du cas spécifique du voile intégral, la question plus large de la sécurité dans les établissements de santé se pose. Comment garantir la sécurité des patients, des visiteurs et du personnel sans restreindre excessivement les libertés ? C’est tout l’enjeu des mois à venir.

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