Ils ont purgé leur peine. Ils ont obtenu une grâce présidentielle. Ils sont libres. Pourtant, pour de nombreux anciens détenus au Togo, la liberté ne rime pas avec une nouvelle vie. La méfiance, la stigmatisation et les préjugés restent des obstacles majeurs sur le chemin de la réinsertion, alerte la Direction de l’administration pénitentiaire et de la réinsertion (DAPR).
La DAPR a tiré la sonnette d’alarme, ce lundi 17 août 2026. Il a appelé les Togolais à favoriser la réinsertion sociale des anciens détenus et à combattre les comportements discriminatoires à leur égard.
Des centaines de libérations, mais des retours difficiles
Selon le directeur de la DAPR, Idrissou Akibou, les grâces présidentielles permettent régulièrement la libération de centaines, voire de milliers de prisonniers. Chaque année, des détenus bénéficient de cette mesure de clémence, censée leur offrir une seconde chance.
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Mais dans la réalité, le retour à la vie normale est semé d’embûches. Nombre d’entre eux peinent à retrouver leur place dans la société, confrontés à la crainte, à la suspicion et au rejet. La méfiance est de mise et elle est compréhensible, comme le reconnaît lui-même le directeur de la DAPR.
Une stigmatisation qui freine la réinsertion
La stigmatisation n’est pas étonnante, admet Idrissou Akibou. Embaucher un ancien détenu suscite des réticences compréhensibles. Une personne condamnée pour vol ou escroquerie aura du mal à générer la confiance d’un potentiel employeur. C’est un fait.
Mais cette méfiance, aussi naturelle soit-elle, devient un frein à la réinsertion. Sans emploi, sans revenu, sans perspectives, l’ancien détenu risque de retomber dans les travers qui l’ont conduit en prison. Un cercle vicieux que la DAPR souhaite briser.
Un appel à la solidarité et au changement de regard
L’appel de la DAPR est clair : il est temps de changer de regard sur les anciens détenus. La réinsertion n’est pas seulement une question de justice, c’est aussi une question de cohésion sociale et de sécurité pour l’ensemble de la communauté.
La DAPR invite les employeurs, les familles et la société togolaise dans son ensemble à accorder leur confiance à ceux qui ont payé leur dette à la société. Parce que derrière l’étiquette d’« ancien détenu », il y a un être humain qui aspire à une vie digne et à une seconde chance.
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