Le golfe de Guinée est l’une des régions les plus riches en hydrocarbures au monde. Le Nigeria, le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Gabon : tous produisent du pétrole. Mais le Togo, lui, reste à quai. Pourtant, des indices existent. Des forages ont été réalisés. Alors, pourquoi le Togo ne produit-il pas une goutte de pétrole ?
La réponse est à la fois géologique, technique et économique. Le ministère délégué chargé de l’Énergie et des Ressources Minières le rappelle régulièrement : des indices d’hydrocarbures ont bien été identifiés, mais aucun gisement techniquement exploitable et économiquement rentable n’a encore été découvert. Explications.
Où se trouve le potentiel pétrolier togolais ?
Comme dans la plupart des pays du golfe de Guinée, le potentiel en hydrocarbures du Togo se concentre principalement en mer. C’est dans ce bassin offshore, au large des côtes togolaises, que sont menées les activités de recherche.

Depuis l’indépendance, l’État togolais, en partenariat avec plusieurs compagnies pétrolières internationales, a réalisé de nombreuses campagnes d’exploration. Ces travaux ont inclus :
- Des levés géologiques et géophysiques pour cartographier le sous-sol marin.
- Des acquisitions sismiques pour identifier les structures susceptibles de contenir du pétrole.
- Des forages exploratoires pour confirmer ou infirmer la présence d’hydrocarbures.
Huit forages exploratoires : quels résultats ?
À ce jour, huit forages exploratoires ont été réalisés dans le bassin offshore togolais. Le plus récent, conduit entre 2011 et 2014, a été exécuté par la société italienne ENI, l’un des géants mondiaux du secteur.
Ces campagnes ont confirmé la présence d’indices d’hydrocarbures. En clair : il y a bien du pétrole et du gaz sous le fond marin togolais. Mais les quantités identifiées ne sont pas suffisantes pour justifier un investissement de plusieurs centaines de millions de dollars.
Pourquoi ces indices ne suffisent-ils pas ?
C’est là que le bât blesse. Pour qu’un gisement pétrolier soit exploité, il doit réunir deux conditions :
- Être techniquement exploitable : le pétrole doit être accessible avec les technologies disponibles, à une profondeur raisonnable, et dans des conditions géologiques stables.
- Être économiquement rentable : le coût d’extraction, de transport et de raffinage doit être inférieur au prix de vente sur le marché international.
Or, jusqu’à présent, les indices identifiés au Togo ne répondent pas à ces critères. Les quantités sont trop faibles, les gisements trop profonds ou trop complexes à exploiter. Résultat : les compagnies préfèrent investir ailleurs, où le rapport coût/bénéfice est plus favorable.
Le Togo cherche encore des investisseurs
Malgré ces résultats mitigés, le Togo ne baisse pas les bras. Le ministère délégué chargé de l’Énergie et des Ressources Minières poursuit activement la promotion des indices et du potentiel pétrolier du pays auprès des compagnies internationales.
L’objectif : susciter de nouveaux investissements dans la poursuite des activités d’exploration. Car les technologies évoluent, les prix du pétrole fluctuent, et un gisement jugé non rentable aujourd’hui pourrait le devenir demain.
Le Togo peut-il encore devenir producteur de pétrole ?
La réponse est oui, mais ce n’est pas gagné. Le Togo doit convaincre les grandes compagnies pétrolières de revenir sur son bassin offshore, d’investir dans de nouvelles campagnes d’exploration, et peut-être, un jour, de forer un puits qui change la donne.
Le pays bénéficie d’un atout : sa position géographique, dans une région riche en hydrocarbures. Le bassin togolais fait partie du même système géologique que le Ghana voisin, qui produit du pétrole depuis 2010. Pourquoi pas le Togo ?







