L’Université de Lomé a abrité, ce mardi 14 juillet 2026, un atelier national de restitution des travaux de recherche consacrés au thème : « Investir dans le développement de la petite enfance pour transformer les résultats d’apprentissage dans l’enseignement primaire au Togo » .
Organisée par l’ERE2A (Équipe de Recherche en Économie Agricole et Appliquée), en collaboration avec le PEP (Partenariat pour la Politique Économique) et le GEAI (Global Education Analysis Institute), cette rencontre a rassemblé chercheurs, responsables publics, partenaires techniques et financiers, ainsi que des représentants de la société civile. Tous étaient réunis autour d’un constat préoccupant : les premières années de la vie sont cruciales pour la réussite scolaire, et le Togo doit y investir davantage.
Un constat alarmant : 75,6 % des enfants togolais en difficulté
La cérémonie a été marquée par une intervention en visioconférence du Docteur Ramale Moshoeshoe, directeur de l’Africa Fellows in Education Program (AFEP). S’appuyant sur des données probantes, il a livré un chiffre qui interpelle : près de 75,6 % des enfants togolais arrivent à l’école primaire sans disposer des compétences langagières nécessaires pour apprendre efficacement.

Ce constat démontre, selon lui, l’urgence d’investir davantage dans les premières années de la vie afin d’améliorer durablement les performances scolaires et de réduire les inégalités éducatives. Un défi qui engage l’avenir de tout le système éducatif togolais.
Une recherche de deux ans portée par un chercheur togolais
Le responsable de l’ERE2A, Professeur Aklesso Egbendéwé, a rappelé le contexte de cette rencontre. Il a expliqué que cet atelier s’inscrit dans le cadre de la restitution des résultats d’une recherche menée sur deux ans par le Docteur Etayibtalman Koudjom, sélectionné dans le cadre d’un programme consacré à l’analyse de l’importance de l’éducation préscolaire.
Bien que le chercheur exerce désormais à la Commission économique pour l’Afrique (CEA) à Addis-Abeba, il est resté engagé dans ce projet jusqu’à son aboutissement. Une belle illustration de l’attachement des chercheurs togolais à contribuer au développement de leur pays, même depuis l’étranger.
L’Université de Lomé, acteur clé des politiques publiques
Représentant le président de l’Université de Lomé, le Professeur Edinam Kola, doyen de la Faculté des sciences de l’homme et de la société (FSHS), a rappelé que cette initiative illustre pleinement la vocation de l’institution à « produire une recherche d’excellence capable d’éclairer les décisions publiques » .
Il a souligné la contribution de l’Université de Lomé à la mise en œuvre des réformes éducatives nationales, notamment à travers des travaux scientifiques rigoureux portant sur le développement du capital humain, la réduction des inégalités et l’amélioration des apprentissages.

Un appel à fonder les politiques éducatives sur des données probantes
Ouvrant officiellement les travaux au nom du ministre de l’Éducation Nationale, le secrétaire général Barakpété Ahiya a insisté sur la nécessité de fonder les politiques éducatives sur des résultats de recherche solides. Il a rappelé les efforts engagés par le gouvernement togolais pour améliorer l’accès et la qualité de l’éducation, tout en soulignant que les défis liés aux apprentissages exigent désormais des réponses fondées sur des évidences scientifiques.
Les résultats présentés au cours de cet atelier constituent, selon lui, un outil précieux pour orienter les futures politiques publiques en faveur de la petite enfance.







