Le Togo réduit de 98% les frais d’installation des compagnies aériennes : de 200 millions à 3,5 millions FCFA. Une mesure pour faire de Lomé un hub aérien régional.
Le Togo franchit un cap décisif dans sa politique d’attractivité aéronautique. Le gouvernement a annoncé une réduction drastique des frais d’entrée sur le marché pour les compagnies aériennes souhaitant s’installer dans le pays. De 200 millions de FCFA, le montant est désormais ramené à 3,5 millions de FCFA, soit une baisse de plus de 98 %. Une décision qui pourrait bien transformer le ciel togolais.
L’annonce a été faite par le colonel Idrissou Ahabou Abdou, directeur général de l’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC), en marge de la première réunion du Comité de supervision économique du transport aérien de la CEDEAO (ECATEOC), tenue à Lomé les 2 et 3 juillet.
Une mesure qui va bien au-delà des exigences régionales
Cette décision, prise sous l’impulsion du Président du Conseil, Faure Gnassingbé, désigné champion du Marché unique du transport aérien africain (MUTAA) par l’Union africaine, s’inscrit dans la vision de faire de Lomé un hub aérien régional de référence.
« Nous allons appliquer une nouvelle directive. Vous pouvez désormais vous installer en tant que compagnie avec 3,5 millions au lieu de 200 millions », a déclaré le directeur général de l’ANAC.
Le Togo va ainsi bien au-delà des dispositions prévues par l’acte additionnel de la CEDEAO, qui prévoit une réduction d’au moins 25 % des redevances passagers et de sécurité. « Comparée aux 25 % préconisés par la CEDEAO sur les redevances passagers, le Togo est déjà allé très loin. Le Togo montre le chemin », a affirmé le colonel Idrissou Ahabou Abdou.
Un levier pour des billets d’avion plus abordables ?
En rendant le marché togolais plus accessible, le pays espère attirer davantage de compagnies aériennes. Plus d’opérateurs, c’est potentiellement plus de concurrence, et à terme, des billets d’avion plus abordables pour les voyageurs.
Selon les projections des experts de la CEDEAO, une application intégrale de la réforme régionale entraînerait une baisse des prix des billets d’environ 40 % et une progression de la demande de 20 à 30 %. Le Togo entend être au rendez-vous de cette transformation.
Cette mesure ne fera pas baisser les prix du jour au lendemain. Le tarif d’un billet dépend aussi du carburant, des taxes, de la demande ou encore des coûts d’exploitation. Mais elle constitue un levier stratégique pour rendre le ciel togolais plus attractif et renforcer la position de l’aéroport de Lomé comme hub régional.
Les voyageurs, eux, attendent désormais que cette réforme se traduise concrètement dans leur portefeuille.











