Publicité au Togo : la HARC va sévir – plus aucune affiche ou pub sans visa préalable

Publicité au Togo : la HARC

Panneaux publicitaires, spots radio, vidéos en ligne, affiches sauvages… Jusqu’ici, certains diffuseurs jouaient la carte du « d’abord on publie, après on verra ». Ça va changer. La Haute Autorité de Régulation de la Communication Écrite, Audiovisuelle et Numérique (HARC) a prévenu : toute publicité au Togo devra désormais recevoir son visa préalable avant toute diffusion.

Sous peine de sanctions. Le président de l’institution, Pitalounani Telou, a publié un communiqué ce jeudi 11 juin 2026 pour rappeler la loi et fixer les règles du jeu.

Ce que dit la loi

La HARC s’appuie sur la Loi organique N° 2028-029 du 10 décembre 2018 relative à la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication. Selon son article 35 (alinéas 1 et 2), l’institution exerce un contrôle sur l’objet et le contenu des messages publicitaires avant leur publication ou leur diffusion.

Le visa préalable n’est pas une option. C’est une obligation légale pour :

  • Les affiches publicitaires (panneaux, affichage sauvage régularisé, supports physiques)
  • Les publicités audiovisuelles (radio, télévision)
  • Les contenus numériques (réseaux sociaux, sites web, applications)

Ce que la HARC va vérifier avant d’accorder son visa

Le contrôle ne sera pas une simple formalité. La HARC examinera :

  • La conformité aux prescriptions légales
  • L’absence de publicité pour des produits interdits
  • Le respect des valeurs et traditions nationales
  • La non-atteinte aux convictions religieuses, philosophiques ou politiques du public
  • La prise en compte de la délicatesse de la femme et de la vulnérabilité des enfants et adolescents

En clair : les publicités choquantes, trompeuses ou contraires aux bonnes mœurs seront recalées.

Les injonctions de la HARC à tous les acteurs

La HARC s’adresse à trois catégories d’acteurs :

1. Aux autorités administratives
Elles doivent désormais vérifier que toute affiche publicitaire est revêtue du visa HARC avant d’autoriser son affichage.

2. À la presse et aux médias audiovisuels
Ils sont tenus de s’assurer de l’existence du visa avant toute publication ou diffusion d’un contenu publicitaire.

3. Aux agences et sociétés de publicité
Elles sont invitées à se mettre en règle (obtention ou renouvellement de leur autorisation d’installation, d’exploitation ou de production). Faute de quoi, elles s’exposent aux sanctions prévues à l’article 152 du Code de la presse et de la communication.

Quelles sanctions en cas de non-respect ?

L’article 152 du Code de la presse et de la communication prévoit des peines pour toute infraction. Si la HARC applique la loi à la lettre, les contrevenants risquent :

  • Des amendes substantielles
  • Le retrait des affiches non conformes
  • Des suspensions de diffusion pour les médias récalcitrants
  • Des poursuites judiciaires en cas de récidive

Depuis plusieurs années, des affiches plus ou moins douteuses fleurissent sur les murs de Lomé et dans les médias. Certaines jouent sur l’ambiguïté, d’autres frôlent l’irrespect des valeurs locales, d’autres encore promeuvent des produits interdits.

Avec ce rappel à l’ordre, la HARC envoie un signal clair : la publicité au Togo doit être légale, respectueuse et contrôlée. Les agences et diffuseurs sont prévenus. Le visa n’est pas une formalité administrative, c’est un bouclier pour le public.

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