La décision est historique. Depuis le 18 mai 2026, les ressortissants africains peuvent entrer au Togo sans visa pour des séjours allant jusqu’à 30 jours. Une mesure saluée par beaucoup, mais qui fait aussi grincer des dents. L’ancien député et opposant Gerry Taama a réagi sur les réseaux sociaux.
Son message est en forme de tacle : « Visas gratuits aux Africains pour 30 jours pour le Togo. C’est une très bonne nouvelle. Mais qui a envie de venir dans un pays où tout le monde cherche à partir ? » Derrière cette phrase provocatrice, un constat : l’accessibilité ne suffit pas. Il faut aussi de l’attractivité. Et sur ce terrain, Gerry Taama dresse une liste de difficultés : électricité rare, gaz cher, internet cher, routes mauvaises…
Gerry Taama : « Il faut que l’attractivité accompagne l’accessibilité »
L’ancien président national du Nouvel Engagement Togolais (NET) ne s’arrête pas à la provocation. Il égrène une série de difficultés structurelles qui pèsent, selon lui, sur l’attractivité du Togo.
Voici sa liste, mot pour mot :
- Électricité : cher et rare
- Gaz : cher
- Internet : cher
- Routes : mauvaises
- Travail : téléchargement interrompu
Et sa conclusion : « Bref, il faut que l’attractivité accompagne l’accessibilité. »
Un paradoxe bien réel
Le message de Gerry Taama met en lumière un paradoxe. Celui d’un pays qui ouvre ses portes aux visiteurs africains alors même qu’une partie de sa population aspire à le quitter. L’opposant ne critique pas la mesure en elle-même. Il en salue même le bien-fondé. Mais il pointe du doigt ce qui, selon lui, risque de freiner les visiteurs une fois arrivés.
À quoi bon entrer sans visa si l’électricité est rare, si l’internet est cher et lent, si les routes sont dégradées ? Les remarques de Gerry Taama font écho à des réalités bien connues au Togo. Ces derniers mois, le pays est régulièrement confronté à des difficultés. Autant de facteurs qui, mis bout à bout, peuvent affecter l’image du pays et sa capacité à attirer durablement visiteurs et investisseurs.
La réponse du gouvernement : une dynamique d’ouverture
Le gouvernement togolais, de son côté, ne nie pas ces défis. Mais il met en avant une dynamique d’ouverture et de modernisation. La suppression des visas s’inscrit dans une stratégie plus large. Objectif : faire du Togo un hub régional de services, d’affaires, de culture et d’échanges humains.
Les autorités rappellent également les progrès réalisés : le port autonome de Lomé, l’aéroport international Gnassingbé Eyadéma, la zone franche, les investissements dans les infrastructures numériques.
Mais Gerry Taama a raison sur un point : l’accessibilité ne suffit pas. Si le Togo veut attirer les visiteurs africains, il doit aussi leur offrir des conditions de séjour acceptables. Un touriste ou un homme d’affaires qui vient à Lomé pour 30 jours s’attend à avoir de l’électricité, de l’eau, un internet fonctionnel, et des routes praticables.
La publication de Gerry Taama a relancé le débat sur l’attractivité du Togo. Sur les réseaux sociaux, les réactions sont partagées. Certains saluent sa franchise. D’autres jugent sa critique trop sévère. Beaucoup s’accordent sur un point : la suppression des visas est une bonne chose, mais elle doit être accompagnée d’investissements concrets dans les services de base.
Gerry Taama a posé la question. À présent, c’est au gouvernement d’y répondre.











