Africa Forward : des organisations togolaises répondent à Macron depuis Lomé

Africa Forward : des organisations togolaises répondent à Macron depuis Lomé
Homme Allié

Emmanuel Macron l’a dit depuis Nairobi au sommet Africa Forward : « Les Européens ne sont pas les prédateurs du XXIe siècle en Afrique ». Une déclaration qui n’est pas passée. Deux organisations panafricaines basées à Lomé ont répondu, mardi 12 mai 2026, par un communiqué cinglant.

Le Mouvement Martin Luther King (MMLK) et l’Institut Panafricain pour la Réhabilitation Alternative (IPRA) rejettent cette version des faits. Leur message est simple : « Un prédateur ne dit jamais son nom. Il se présente en partenaire. » Et pour étayer leur propos, elles remontent jusqu’en 1885. Selon le communiqué conjoint des deux organisations, le président français a tenu des propos qui « ne résistent pas à l’épreuve des faits historiques et contemporains ».

Le réquisitoire de Lomé : 1885, franc CFA, bases militaires

Dans leur texte, les deux organisations dressent un bilan accablant des relations entre l’Europe et l’Afrique. Voici les principaux points :

  • 1885 : les frontières arbitraires tracées à Berlin sans consultation des peuples africains
  • Le franc CFA maintenu sur quatorze pays, accusé de freiner le développement économique
  • L’exportation de matières premières sans transformation locale, qui appauvrit le continent
  • Les bases militaires étrangères présentes sur le sol africain
  • Les multinationales accusées de s’affranchir de l’impôt local

Le constat des deux organisations est sans appel : derrière le discours de partenariat, la réalité du rapport de force n’a pas changé.

Trois questions que Macron n’a pas entendues

Face aux annonces de partenariat formulées par le président français au Kenya (23 milliards d’euros d’investissements promis), le MMLK et l’IPRA posent trois questions publiques, restées sans réponse :

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  1. Qui détiendra les actifs créés au Kenya dans dix ans ?
  2. Qui formera et emploiera les ingénieurs et techniciens locaux ?
  3. En quelle devise les financements seront-ils remboursés ?

« Sans réponses claires et contraignantes, ces engagements relèvent du maintien de dépendance, non de la souveraineté », affirment les deux organisations.

« Serment du Berceau » : le 28 mai 2026 à Lomé

Les deux organisations ne s’arrêtent pas à la critique. Elles annoncent un événement à Lomé le 28 mai 2026, qu’elles décrivent comme la signature d’un « Serment du Berceau ». Selon elles, ce serment constitue un « acte de décès de Berlin 1885 et acte de naissance de l’Afrique souveraine ». Une manière solennelle de tourner la page de la colonisation et de ses héritages.

Le Togo présent au sommet Africa Forward à Nairobi

Pendant ce temps, à Nairobi, le sommet économique majeur appelé Africa Forward se tient les 11 et 12 mai 2026, organisé conjointement par la France et le Kenya. 23 milliards d’euros d’investissements ont été annoncés.

Le Togo y est représenté officiellement par le ministre Robert Dussey et le président de l’Assemblée nationale, Komi Selom Klassou. Deux experts togolais participent également :

  • Edouard-Robert Aquereburu : avocat et président de l’association Musée d’Histoire du Vodou et des Arts d’Aného (Mhivaa)
  • Sylvestre Olanlo : président et cofondateur de l’association Technologies et Innovations pour le Développement Durable (TIDD)

Le contraste est saisissant. D’un côté, des représentants officiels togolais qui négocient et participent au sommet Africa Forward. De l’autre, des organisations panafricaines basées à Lomé qui dénoncent les mêmes mécanismes de dépendance.

Les deux voix sont togolaises. Elles ne portent pas le même discours. Mais elles ont au moins un point commun : l’Afrique, enfin, parle. Et elle ne parle plus seule.

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