Liberté de la presse : le Togo gagne 24 places et intègre le Top 100 mondial

Liberté de la presse : le Togo gagne 24 places et intègre le Top 100 mondial
Homme Allié

Le Togo a gagné 24 places au classement mondial de la liberté de la presse 2026 de Reporters sans frontières (RSF). Une progression historique qui mérite analyse. Décryptage des chiffres, des défis persistants et de ce qui reste à faire.

Une progression saluée mais mesurée

Le Togo a franchi un cap symbolique. Selon le rapport 2026 de Reporters sans frontières (RSF) dévoilé fin avril, le pays gagne 24 places et se hisse au 97ᵉ rang mondial sur 180 pays. Avec un score de 52,56 points contre 48,03 en 2025, la progression est indéniable : +4,53 points en un an.

Cette performance permet au Togo de quitter la 121ᵉ place pour intégrer le Top 100 mondial. Une avancée que le gouvernement a saluée, tout en reconnaissant que des efforts restent à fournir. Mais que signifie réellement ce classement pour les journalistes togolais et pour la liberté d’information dans le pays ?

Les chiffres clés du classement RSF 2026

Un bond de 24 places en un an

Le principal enseignement de ce rapport est la progression spectaculaire du Togo. Passer de la 121ᵉ à la 97ᵉ place n’est pas anodin. Sur 180 pays classés, seuls une poignée d’États africains ont enregistré une telle amélioration.

Dans le détail :

Nous n'avons pas pu confirmer votre inscription.
Votre inscription est confirmée.

Newsletter

Inscrivez-vous à notre newsletter pour suivre nos actualités.

Indicateur20252026Évolution
Rang mondial121ᵉ97ᵉ+24 places
Score (sur 100)48,0352,56+4,53 pts

Positionnement dans la sous-région

Au sein de la CEDEAO, le Togo se classe désormais 8ᵉ. Le podium régional est occupé par le Ghana (39ᵉ mondial, 72,20 points), le Cap-Vert (40ᵉ mondial, 71,98 points) et la Gambie (46ᵉ mondiale, 69,42 points). À l’échelle mondiale, la Norvège conserve la première place avec 92,72 points.

Les progrès reconnus par Reporters sans frontières

RSF a noté plusieurs avancées dans son rapport. Le Togo compte plus de 230 médias, dont près d’une centaine de radios et une dizaine de chaînes de télévision. La liberté de la presse y est reconnue et garantie par l’État.

Une loi adoptée en 2020 encadre l’exercice du journalisme et garantit l’accès à l’information, sous réserve du respect du secret-défense. Surtout, aucun journaliste en activité n’a été tué dans le pays depuis le début de l’année dans l’exercice de ses fonctions, un point important souligné par l’organisation.

Les défis persistent malgré la progression

RSF ne cache pas que des défis demeurent. L’organisation pointe notamment les difficultés économiques auxquelles sont confrontés les journalistes togolais. Derrière l’arbre de la liberté se cache parfois la forêt de la précarité.

Des médias publics encore fragiles

Malgré un paysage médiatique diversifié, les médias publics peinent encore à remplir pleinement leur mission de service public. RSF note également que la situation de la liberté de la presse demeure étroitement liée au contexte politique. Les journalistes évoluent dans un environnement où les lignes rouges ne sont pas toujours clairement définies.

Le défi économique de la profession

Le constat est partagé par de nombreux acteurs locaux. Le Mouvement Martin Luther King (MMLK) a d’ailleurs profité de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai, pour rappeler quatre exigences : une convention collective immédiate, une carte de presse qui donne des droits, l’application totale des résolutions des États généraux de la communication de 2022, et l’unité de la corporation.

« On n’assainit pas une maison en affamant ses habitants« , a martelé l’organisation. Un message clair adressé aux patrons de presse comme aux autorités.

Top 100 mondial : une opportunité à saisir

Intégrer le Top 100 mondial est une reconnaissance. Cela ne doit pas être une fin en soi, mais un levier pour aller plus loin. Ce classement envoie un signal positif aux partenaires internationaux et aux investisseurs : le Togo est un pays où l’environnement médiatique progresse.

Pour les journalistes togolais, cette avancée doit s’accompagner de mesures concrètes sur le terrain : meilleure protection sociale, rémunérations décentes, et garanties réelles pour exercer leur métier en toute indépendance.

La progression du Togo dans le classement RSF 2026 est une nouvelle encourageante. Elle reflète des efforts réels et une volonté affichée d’améliorer l’environnement médiatique. Mais elle ne doit pas occulter les défis qui restent à relever.

Cette progression se ressent concrètement dans le travail quotidien des médias togolais. Des médias comme Capture Média arrivent à mettre la lumière sur des faits et à interpeller les autorités sans être mis derrière les barreaux. Actu Lomé elle-même peut publier des analyses visant à toucher les autorités sur des questions urgentes. C’est la preuve que le Togo évolue.

Liberté de la presse ne rime pas seulement avec absence de censure. Elle implique aussi des conditions de travail dignes, des médias publics indépendants et une protection effective des journalistes. Le Togo a pris un bon départ. Reste à confirmer dans la durée.

Rejoins notre chaîne WhatsApp