L’Alliance nationale pour le changement (ANC) ne se retrouve pas dans la célébration du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance du Togo. Le parti de Jean-Pierre Fabre a publié un message dans lequel il juge la souveraineté nationale toujours inachevée après plusieurs décennies de crise politique persistante.
Un hommage à Sylvanus Olympio
Dans son message diffusé samedi, l’ANC rappelle que l’indépendance proclamée le 27 avril 1960 s’est faite sous la conduite du président Sylvanus Olympio, à l’issue d’un combat politique porté par les forces nationalistes togolaises.
Le parti rend hommage à Sylvanus Olympio ainsi qu’à ses compagnons de lutte, saluant leur courage, leur détermination et les sacrifices consentis pour la liberté, la dignité et la souveraineté du pays.
Un héritage interrompu
Selon le parti, cet élan a été interrompu avec l’assassinat de Sylvanus Olympio le 13 janvier 1963. Le document évoque un crime resté impuni et appelle à ce que la lumière soit faite sur cet événement historique.
Le parti rappelle également avoir adressé, le 8 janvier 2026, une requête au président français Emmanuel Macron sur ce dossier, estimant qu’une suite favorable serait attendue par les populations togolaises.
Les accusations contre le régime
Revenant sur les décennies suivantes, l’ANC accuse le régime de Gnassingbé Eyadéma d’avoir instauré un pouvoir autoritaire marqué par la concentration des pouvoirs, les restrictions de libertés et des fraudes électorales accompagnées de violences.
Le communiqué cite aussi la succession de Faure Gnassingbé en 2005, intervenue, selon le parti, dans un contexte de violences ayant causé « plus de 500 morts, selon le rapport Doudou Diène des Nations unies » .
Une critique des réformes institutionnelles
L’ANC estime par ailleurs que les réformes institutionnelles récentes traduisent une volonté de maintenir le pouvoir personnel, notamment avec la suppression de l’élection présidentielle et la mise en place d’un exécutif centré autour du Président du Conseil.
« La suppression de l’élection présidentielle et l’instauration d’un exécutif concentré entre les mains d’un « Président du Conseil » traduisent une volonté manifeste de pérennisation du pouvoir personnel » , a écrit Jean-Pierre Fabre.
Un appel à la mobilisation
Le président de l’ANC lance un appel à la population togolaise pour la restauration de la démocratie et de l’État de droit. Il invite les citoyens à refuser toute confiscation de la souveraineté populaire.
« Le 27 avril 2026 ne doit pas être une simple commémoration. Il doit être un moment de mémoire, de recueillement et d’engagement renouvelé » , a conclu M. Fabre.
Avec Togobreakingnews










