Après plusieurs années difficiles, la filière cotonnière togolaise renoue avec la performance. La Nouvelle Société Cotonnière du Togo annonce un rendement record pour la campagne 2025-2026, ravivant les espoirs des producteurs et des autorités.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 995 kg/ha en 2025-2026 contre 797 kg/ha la saison précédente. Soit une progression de 25 %, proche du seuil symbolique d’une tonne à l’hectare. La production globale suit la même dynamique, avec une estimation de 74 000 tonnes, en hausse par rapport aux 60 000 tonnes de l’an dernier. Pour la NSCT, il s’agit d’un véritable record après plusieurs campagnes marquées par des contre-performances.
Ce regain intervient après une période critique pour la filière, notamment depuis l’entrée de Olam Agri au capital en 2020. La production avait fortement chuté : 67 185 tonnes (2020-2021) ; 52 528 tonnes (2021-2022) et 46 549 tonnes (2022-2023). Plusieurs facteurs expliquent cette baisse : chute du prix d’achat du coton, hausse du coût des intrants, impacts de la Covid-19, attaques parasitaires (jassides, aleurodes)concurrence du soja.
Les clés de la reprise
Trois leviers principaux ont permis ce redressement :
- La lutte contre les ravageurs
L’utilisation de produits spécifiques a permis de limiter les pertes liées aux insectes. - L’engagement des producteurs
Près de 68 000 cotonculteurs ont appliqué les recommandations techniques, certains atteignant jusqu’à 2,5 tonnes/ha. - Le soutien économique
• prix d’achat maintenu à 300 FCFA/kg
• subvention des engrais par l’État
• amélioration du dialogue avec la FNGPC
Cap sur 2030 : des ambitions renforcées
Forte de ces résultats, la filière voit plus grand. Objectifs annoncés : 150 000 hectares cultivés, 150 000 producteurs et 150 000 tonnes de production. Dès la prochaine campagne, plus de 100 000 hectares sont déjà envisagés, signe d’un regain de confiance chez les producteurs.
Malgré cette embellie, plusieurs obstacles persistent : un parc logistique vieillissant, des capacités de collecte limitées, une forte dépendance aux conditions climatiques et la volatilité des prix sur le marché international. La question de la transformation locale, notamment avec la Plateforme industrielle d’Adétikopé, reste également un enjeu clé pour capter plus de valeur.










