Le Togo enregistre environ 60 000 avortements (2015-2019), selon une étude

Le Togo enregistre environ 60 000 avortements par an, selon une étude
Homme Allié

Au Togo, avorter peut coûter la vie et pourtant, les femmes et jeunes filles n’ont souvent pas d’autre option. Ce 24 mars 2026, un atelier de diffusion de recherche a levé le voile sur cette réalité. La rencontre, dans l’enceinte de l’hôtel Lébénè, a porté sur une étude qualitative. Celle-ci est intitulée : « À l’intérieur du labyrinthe auquel les femmes sont confrontées : la réalité des avortements non sécurisés au Togo ».

L’Association Togolaise pour le Bien-Être Familial (ATBEF), l’African Population and Health Research Center (APHRC), Rutgers et Population Council ont conduit et soutenu cette étude menée dans le Grand Lomé et la région des Plateaux. Ces institutions ont réuni chercheurs, professionnels de santé et participants autour d’un objectif. Comprendre la réalité des avortements non sécurisés au Togo.

Une étude basée sur des vécus réels

L’étude repose sur une approche qualitative et tend à fournir des données cruciales nécessaires pour trouver des solutions aux avortements non sécurisés et à leurs conséquences néfastes pour les femmes et les filles. Elle analyse les expériences d’adolescentes et de femmes confrontées à des grossesses non planifiées.

Les chercheurs ont travaillé dans 12 établissements de santé. Ils ont mené des entretiens approfondis avec 61 participantes. Parmi elles, 22 adolescentes âgées de 15 à 19 ans et 39 femmes. Ils ont aussi organisé des discussions de groupe. L’immersion a duré sept mois. Elle a permis de recueillir des données sensibles et fiables.

Des chiffres alarmants et les conséquences graves des avortements non sécurisés

Les résultats sont préoccupants. On estime environ 60 000 avortements au Togo entre 2015 et 2019 (Institut Guttmacher). La majorité est non sécurisée. L’accès à l’avortement légal reste très limité. Les femmes prennent alors de grands risques. Les complications sont fréquentes. Les décès existent. « Nous avons enregistré cinq décès au cours de cette étude…Il faut renforcer l’éducation aux valeurs et à la santé sexuelle« , a exprimé le Dr M’BORTCHE Bingo, responsable médical à l’ATBEF.

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Le Togo enregistre environ 60 000 avortements (2015-2019), selon une étude 2

Comprendre pour mieux agir

L’étude met en lumière plusieurs obstacles. La stigmatisation freine la parole. Les lois restrictives limitent l’accès aux soins. Ces facteurs influencent fortement les décisions des femmes. Ils les exposent à des pratiques dangereuses. « Je n’ai pas cherché à me faire soigner parce que j’avais peur. Je pouvais déjà imaginer les reproches, les regards méprisants, les critiques« , confie Farida, une jeune femme de 35 ans.

« Nous avons documenté des expériences réelles. Les données montrent un besoin urgent de solutions adaptées« , a expliqué Ramatou OUEDRAOGO, anthropologue à l’APHRC.

Les conclusions sont sans appel : il faut agir. Les acteurs recommandent de réviser le cadre juridique sur l’avortement, de promouvoir l’accès universel à des services de santé reproductive, d’améliorer la qualité des soins post-avortement, de renforcer l’éducation en matière de valeurs et de santé sexuelle, d’assurer la disponibilité des fournitures médicales et de mener une étude nationale sur l’incidence des avortements.

Les protagonistes insistent aussi sur l’éducation des jeunes. Informer, prévenir et accompagner deviennent essentiels. Cet atelier marque un tournant. Les données existent. Il reste maintenant à transformer ces constats en actions durables.

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