Le gouvernement togolais durcit le cadre réglementaire de la filière anacarde. Un arrêté interministériel signé par Badanam Patoki, ministre de l’Économie, et Antoine Gbegbeni, ministre de l’Agriculture, modifie les dispositions en vigueur depuis 2008. Objectif : contraindre les acheteurs de noix de cajou à approvisionner prioritairement les unités de transformation locales avant d’exporter.
Un quota de 30% imposé aux acheteurs de noix de cajou
La principale nouveauté de cet arrêté concerne l’obligation faite à tout acheteur agréé et à toute société coopérative de producteurs de livrer aux unités de transformation établies au Togo au moins un tiers du volume de noix de cajou collecté ou acheté.
Concrètement, avant toute cession aux exportateurs, les opérateurs doivent justifier de cette livraison par un quitus ou un bordereau délivré par les unités de transformation. Une mesure qui vise à garantir l’approvisionnement des transformateurs locaux en matière première.
Des sanctions en cas de non-respect
Le texte est clair : le non-respect de cette obligation entraîne l’exclusion de toute opération de vente aux exportateurs pendant la campagne en cours, sauf en cas d’impossibilité dûment constatée. Une disposition qui entend dissuader les contournements et assurer l’effectivité de la mesure.
Par ailleurs, l’achat et l’exportation des noix de cajou sont subordonnés à la délivrance d’un agrément par le Comité de coordination de la filière anacarde. Toute cargaison destinée à l’exportation sans ces documents peut être saisie, les frais étant à la charge de l’exportateur.
« La mainlevée sur la cargaison n’interviendra que si l’exportateur se conforme aux dispositions » , précise l’arrêté.
Retrouvez ci-dessous l’arrêté interministériel n° 0029 MEVS/MCCQ/MAPRASA modifiant et complétant les dispositions de l'arrêté interministériel n°007/MCPSP/MAEH/Cab/SG du 28 février 2008 portant réglementation de la commercialisation de la noix de cajou au Togo.
— Gouvernement Togolais/Togolese Government (@GouvTg) March 16, 2026
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Stimuler la transformation locale et créer des emplois
Derrière cette réforme, l’ambition de l’exécutif est claire : stimuler l’activité des unités de transformation locales, créer de nouvelles opportunités d’emploi et augmenter les revenus des producteurs.
Le Togo cherche ainsi à capter davantage de valeur ajoutée sur sa production d’anacarde, en favorisant la transformation sur place plutôt que l’exportation brute, qui prive le pays de retombées économiques significatives.
Une nouvelle campagne ouverte à 350 FCFA le kilo
Depuis le mois dernier, une nouvelle campagne de commercialisation de la noix de cajou est ouverte, avec un prix fixé à 350 FCFA le kilogramme. C’est dans ce cadre que les nouvelles règles entrent en vigueur, pour une application dès cette campagne 2026.
Les acteurs de la filière, producteurs, acheteurs et transformateurs, devront désormais composer avec ces nouvelles contraintes qui redessinent les équilibres de la commercialisation de l’or jaune togolais.










