Depuis 2022, l’État togolais maintient artificiellement les prix à la pompe pour soulager le portefeuille des ménages, même si le coût reste relativement pesant sur le pouvoir d’achat de ces derniers. Concrètement, le kilo de gaz domestique vous est facturé en moyenne 790 FCFA, mais son prix réel, sans intervention de l’État, avoisinerait les 892 FCFA. La différence ? Prise en charge intégralement par le contribuable via le budget national.
Pour l’année 2026, l’enveloppe consacrée à cette subvention s’élève à 8,75 milliards de FCFA. Un effort budgétaire conséquent qui répond à une double urgence : sociale et environnementale.
Pourquoi l’État maintient-il ce bouclier tarifaire ?
La réponse tient en un mot : l’environnement. Le Togo, signataire des accords internationaux sur le climat, s’est engagé à réduire l’utilisation de la biomasse énergie, bois de chauffe et charbon de bois, principale cause de déforestation.
Le gaz butane apparaît comme l’alternative propre par excellence. Et les chiffres donnent raison à cette politique : entre 2018 et 2022, la consommation nationale de gaz est passée de 23 900 à 45 623 tonnes, soit un bond spectaculaire de plus de 90 % en quatre ans.
34 535 hectares de forêts préservés : le bilan environnemental
Derrière ces chiffres se cache une victoire écologique majeure. Grâce à cette transition vers le gaz domestique, 34 535 hectares de couvert végétal ont été épargnés sur la même période. Moins d’arbres abattus pour produire du charbon, moins de fumée toxique dans les foyers, moins de maladies respiratoires : les bénéfices dépassent largement la simple question du pouvoir d’achat.
Cette politique s’aligne également sur les objectifs de la CEDEAO, qui vise à ce que 41 % des ménages de la région utilisent des combustibles propres d’ici 2030.
Maintenir ce bouclier social a un coût. Les 8,75 milliards de FCFA inscrits au budget 2026 représentent un investissement lourd pour les finances publiques, d’autant que la demande ne cesse de croître. Plus les Togolais adoptent le gaz, plus la facture de la subvention s’alourdit.
L’équation est complexe pour l’État : comment concilier l’objectif environnemental, la protection du pouvoir d’achat des ménages et la soutenabilité des finances publiques ? La question reste ouverte, mais une chose est certaine : sans cette intervention, le prix du gaz exploserait, pénalisant durement des milliers de foyers.











