« Je suis fatiguée. » Trois mots simples, mais qui pèsent lourds. Trois mots qui ont secoué la toile et fait réagir des milliers de fans. La star togolaise Almok, connue pour ses tubes comme « Nononini », a brisé le silence dans un message sans filtre qui en dit long sur l’état de l’industrie musicale au Togo.
Dans une publication devenue virale, l’artiste explique les raisons de son retrait et pointe du doigt les dérives d’un système qu’elle ne supporte plus.
« Obligé d’avoir des parrains dans le gouvernement »
Le message d’Almok est clair, et il fait mal. Selon elle, au Togo, le talent ne suffit plus pour percer. Pour évoluer, pour accéder aux grandes scènes, pour obtenir des salles de spectacles, il faudrait désormais avoir des appuis politiques ou des « parrains » au sein du gouvernement.
« Je sais que ma voix vous manque mes inconditionnels, mais je suis fatiguée de faire de la musique dans un pays où on est obligé d’avoir des parrains dans le gouvernement avant d’évoluer. Avant d’avoir des salles de spectacles ou des scènes« , a-t-elle écrit.
Un témoignage qui résonne avec les récentes alertes lancées par la Fédération togolaise de musique (FTM) sur la précarité des artistes et l’absence de structuration du secteur.
La fuite d’Almok vers un pays « où on est libre »
Face à ce qu’elle considère comme une impasse, la chanteuse a pris une décision radicale : quitter le Togo pour aller se ressourcer ailleurs. Elle annonce être retournée à l’école de musique dans un pays étranger, où elle espère retrouver ce qui manque cruellement chez elle.
« Je n’ai pas peur de recommencer à zéro. Je suis retournée à l’école de musique dans un pays où on est libre. Là où on ne te demande pas ‘tu appartiens à quel groupe ?’ Là où les opportunités te sont données parce que tu as du talent« , explique-t-elle. Un départ qui en dit long sur le sentiment d’étouffement ressenti par de nombreux artistes togolais.
Malgré l’amertume, la star togolaise ne tire pas un trait définitif sur sa carrière ni sur son public. Elle promet de revenir plus forte, après avoir engrangé de nouvelles compétences et respiré un air plus libre.
Ce cri du cœur d’Almok n’est pas un cas isolé. Il s’inscrit dans un contexte où les artistes togolais multiplient les alertes sur la situation du secteur culturel. Absence de financements, fermeture des espaces culturels, textes juridiques obsolètes, précarité sociale : les maux sont nombreux et profonds.
Quelques jours après la sortie de la diva, la FTM lançait un appel vibrant aux autorités pour la survie de la filière. La coïncidence des dates interpelle.










