Hausse des cas d’accidents au Togo : le gouvernement déploie des mesures draconiennes

Hausse des cas d'accidents au Togo : le gouvernement déploie des mesures draconiennes

La route tue et le gouvernement passe à l’action. Face à la recrudescence des accidents au Togo ces derniers mois sur les axes routiers togolais, le ministre de la Sécurité, le colonel Calixte Batossie MADJOULBA, a annoncé le déploiement d’une opération spéciale de grande envergure depuis le 9 février 2026.

Quatre axes majeurs sous surveillance renforcée

L’opération cible prioritairement les corridors les plus meurtriers du pays :

  • Le Grand Contournement de Lomé
  • La route nationale n°1 (RN1) Lomé-Cinkassé
  • La route nationale n°2 (RN2) Lomé-Aného
  • La route nationale n°5 (RN5) Lomé-Kpalimé-Atakpamé

L’objectif affiché est double : réduire significativement les accidents et sécuriser durablement ces corridors stratégiques essentiels à la mobilité des personnes et au transport des biens.

Des mesures musclées

Les usagers devront redoubler de vigilance. Les forces de l’ordre appliqueront désormais une batterie de contrôles renforcés :

  • Intensification des contrôles de vitesse sur tous les axes concernés
  • Répression rigoureuse des dépassements dangereux
  • Élimination immédiate de tout mauvais stationnement et encombrement de la voie publique
  • Contrôle strict des chargements et de la conformité des transports en commun
  • Vérification systématique du port du casque et de la ceinture de sécurité
  • Renforcement des patrouilles de jour comme de nuit
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Les contrevenants s’exposent aux sanctions prévues par la réglementation en vigueur, sans complaisance.

Un appel à la responsabilité collective pour éviter les accidents au Togo

Le ministre rappelle que la sécurité routière est une responsabilité collective. Il invite tous les usagers au strict respect du code de la route pour protéger les vies humaines et garantir la sécurité sur l’ensemble du réseau routier national.

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Oui, mais… Les questions qui fâchent

Si ces mesures sont unanimement saluées comme un pas dans la bonne direction, elles soulèvent également des interrogations légitimes :

1. L’aménagement des infrastructures en amont
Ne faudrait-il pas, avant même de verbaliser, procéder à des ajustements structurels sur ces axes ? La création d’aires de parking et de repos pour éviter les stationnements sauvages, l’éclairage des endroits accidentogènes et des virages dangereux la nuit, ou encore l’entretien régulier de la chaussée sont autant de préalables indispensables .

2. Le douloureux dossier du dédoublement de la RN1
Comment ne pas rappeler que la promesse de dédoublement de la RN1, l’axe le plus meurtrier du pays, reste lettre morte depuis plus de vingt ans ? Combien de vies auraient été épargnées si cette infrastructure avait été réalisée ?

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3. La lutte contre la corruption sur les axes
La direction de la police nationale doit veiller à ce que la Division de la sécurité routière (DSR) et la Brigade motorisée (BM) jouent pleinement leur partition sans les dessous de table. Il ne servira à rien de mobiliser des fonctionnaires sur les routes s’ils se contentent de racketter les usagers au lieu de verbaliser systématiquement et d’envoyer à la fourrière les véhicules en infraction.

Pour que cette opération produise des fruits durables, elle doit s’accompagner d’une véritable politique de prévention et d’aménagement. Contrôler est nécessaire, mais aménager est tout aussi indispensable. Les usagers, eux, attendent désormais de voir sur le terrain l’application effective de ces mesures, dans le respect des droits de chacun et sans discrimination.

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