L’ancien ministre de la Justice et ex-procureur général de la Fédération, Abubakar Malami, fait désormais face à de lourdes accusations liées au terrorisme. Déjà poursuivi pour blanchiment d’argent, il est désormais inculpé pour « terrorisme », « financement du terrorisme » et « détention illégale d’armes », selon les autorités.
Mardi, le Département des services de l’État (DSS), chargé du renseignement intérieur, a présenté Abubakar Malami et son fils Abdulaziz devant la Haute Cour de justice d’Abuja. Ces nouvelles poursuites viennent s’ajouter à une affaire de blanchiment d’argent estimée à 8,7 milliards de nairas, soit environ six millions de dollars, dans laquelle l’ancien ministre, son épouse et leur fils sont mis en cause depuis décembre dernier.
Après avoir plaidé non coupables, les prévenus avaient été placés en détention provisoire avant d’obtenir une libération sous caution au début du mois de janvier. Toutefois, à sa sortie du centre correctionnel de Kuje, près de la capitale fédérale, Abubakar Malami a été de nouveau interpellé par les agents du DSS.
Selon l’acte d’accusation, l’ancien ministre est soupçonné d’avoir, en 2022, volontairement entravé la lutte contre le terrorisme en refusant d’engager des poursuites contre des personnes identifiées comme financiers de groupes terroristes, malgré des dossiers transmis à son bureau alors qu’il exerçait les fonctions de procureur général.
Le DSS affirme également que le père et le fils se seraient livrés à des activités préparatoires à des actes terroristes. Des armes, dont un pistolet Sturm Magnum et des munitions, auraient été découvertes à leur domicile de Birnin Kebbi, dans l’État de Kebbi, au nord du pays, entraînant des accusations de détention illégale d’armes.
Recevez l'actualité directement dans votre boite mail !
MERCI !
Les deux hommes ont de nouveau plaidé non coupables lors de leur comparution. La cour a rejeté leur demande de libération sous caution et fixé l’ouverture du procès au 20 février prochain. Abubakar Malami a occupé le poste de ministre de la Justice sous l’administration de l’ancien président Muhammadu Buhari, de 2015 à 2023.
Depuis l’arrivée au pouvoir du président Bola Ahmed Tinubu, plusieurs figures majeures de l’ancien régime font l’objet de poursuites pour des affaires de crimes financiers, dont l’ex-gouverneur de la Banque centrale, Godwin Emefiele, et l’ancien ministre du Travail, Chris Ngige.










