Le Rwanda a officiellement engagé une procédure d’arbitrage international contre le Royaume-Uni, réclamant le paiement de 100 millions de livres sterling après l’annulation de l’accord migratoire conclu entre les deux pays.
Cette décision fait suite à l’abandon définitif du partenariat par le gouvernement britannique dirigé par le Premier ministre travailliste Keir Starmer. Conclu en 2022 sous le gouvernement conservateur de Boris Johnson, le Partenariat pour la migration et le développement économique prévoyait le transfert au Rwanda de demandeurs d’asile arrivés illégalement au Royaume-Uni, en échange d’un soutien financier substantiel de Londres.
Kigali dénonce une rupture des engagements
Dans un communiqué officiel, les autorités rwandaises estiment que le Royaume-Uni n’a pas respecté plusieurs clauses clés de l’accord. Kigali reproche notamment à Londres de ne pas avoir versé les 100 millions de livres sterling prévus, d’avoir rendu publiques certaines dispositions financières censées rester confidentielles, et de ne pas avoir mis en œuvre un volet essentiel du partenariat : la réinstallation au Royaume-Uni de réfugiés rwandais vulnérables.
Ce dernier engagement concernait un nombre limité de personnes, décrites par le ministère britannique de l’Intérieur comme des réfugiés ayant des besoins complexes, notamment sur le plan médical. Face à ce que le Rwanda qualifie d’« intransigeance » britannique, le gouvernement a décidé de recourir aux mécanismes juridiques internationaux pour faire valoir ses droits.
Londres campe sur sa position
Du côté britannique, le ministère de l’Intérieur rejette les accusations rwandaises. Un porte-parole a rappelé que cette politique, héritée du précédent gouvernement conservateur, avait entraîné un coût financier considérable pour les contribuables sans produire les résultats escomptés. Londres affirme vouloir défendre fermement ses intérêts et protéger l’argent public.
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Selon les chiffres officiels, près de 700 millions de livres sterling ont été engagés dans ce projet, dont 290 millions versés directement au Rwanda. Pourtant, seuls quatre migrants volontaires ont été effectivement transférés avant l’abandon du programme.
Un accord abandonné, mais un litige ouvert
Après la victoire du Parti travailliste aux élections générales de 2024, Keir Starmer avait rapidement annoncé la fin définitive de cet accord, jugé inefficace et coûteux. Bien que le texte prévoyait une clause de résiliation permettant à chaque partie de se retirer, Kigali estime que certaines obligations financières restaient dues.
En décembre 2024, le ministère britannique de l’Intérieur avait d’ailleurs reconnu que 100 millions de livres sterling supplémentaires auraient été exigibles sur les exercices budgétaires 2025-2026 et 2026-2027. Ce contentieux ouvre désormais un nouveau chapitre tendu dans les relations entre Londres et Kigali, sur fond de débats internationaux autour des politiques migratoires, de la responsabilité des États et du respect des engagements bilatéraux.










