Ce que la science révèle sur les dangers potentiels des tatouages !

Ce que la science révèle sur les dangers potentiels des tatouages !

Longtemps considérés comme relativement sûrs, les tatouages font aujourd’hui l’objet d’une attention scientifique croissante. Des chercheurs alertent sur des risques biologiques encore mal compris, allant de réactions immunitaires à long terme à un possible lien avec certains cancers.

Selon la Dre Manal Mohammed, maître de conférences en microbiologie médicale à l’Université de Westminster, au Royaume-Uni, l’encre injectée lors d’un tatouage ne reste pas confinée à la peau. « Une fois dans l’organisme, l’encre ne demeure pas immobile. Les pigments interagissent avec le système immunitaire d’une manière que la science commence seulement à explorer », explique-t-elle.

Des encres aux compositions controversées

L’une des principales préoccupations concerne la composition des encres de tatouage. Beaucoup de pigments utilisés aujourd’hui ont été conçus à l’origine pour des usages industriels, comme la peinture automobile, les plastiques ou encore les toners d’imprimantes, et non pour être injectés dans le corps humain.

Certaines analyses ont mis en évidence la présence de métaux lourds, tels que le nickel, le chrome, le cobalt, voire le plomb. À certaines concentrations, ces substances peuvent être toxiques et provoquer des réactions allergiques ou une hypersensibilité du système immunitaire.

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Les encres noires, souvent fabriquées à partir de noir de carbone, peuvent contenir des composés potentiellement cancérigènes. Quant aux encres colorées notamment rouges, jaunes et oranges, elles sont plus fréquemment associées à des réactions allergiques persistantes et à des inflammations chroniques.

Un impact sur le système immunitaire

Le processus de tatouage consiste à injecter l’encre profondément dans le derme. Le corps perçoit alors les pigments comme des corps étrangers. Les cellules immunitaires tentent de les éliminer, mais leur taille empêche une évacuation complète. Résultat : les pigments restent piégés dans les cellules, donnant au tatouage son caractère permanent.

Des études ont également montré que des particules d’encre peuvent migrer vers les ganglions lymphatiques, des organes essentiels à la défense immunitaire. Les conséquences à long terme de cette accumulation restent incertaines, mais les chercheurs s’interrogent sur les effets d’une exposition prolongée à des métaux et à des substances chimiques dans ces tissus sensibles.

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Un lien possible avec certains cancers

Plusieurs travaux scientifiques suggèrent un lien potentiel entre tatouages et cancer. Une étude menée par l’Université du Danemark du Sud indique que les personnes tatouées pourraient présenter un risque accru de cancers de la peau et du sang. Le risque de lymphome serait notamment plus élevé chez les individus portant de grands tatouages.

Une autre étude suédoise publiée en 2024 évoque une augmentation globale du risque de cancer d’environ 21 % chez les personnes tatouées, même si les chercheurs soulignent que ces résultats nécessitent encore des investigations approfondies.

Infections et cadre réglementaire insuffisant

Les infections représentent un autre sujet d’inquiétude. Environ une personne sur cinq ayant recours à un tatouage ou à un piercing connaîtrait des complications, comme des gonflements, des brûlures ou des infections nécessitant parfois un suivi médical. Dans de rares cas, ces infections peuvent évoluer vers une septicémie.

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Les experts pointent également un manque de réglementation stricte. Dans de nombreux pays, les encres de tatouage sont moins encadrées que les produits cosmétiques ou médicaux, et les fabricants ne sont pas toujours obligés de dévoiler l’ensemble des ingrédients utilisés.

Une pratique populaire, mais pas anodine

« Le tatouage reste une forme forte d’expression personnelle, mais il constitue aussi une exposition chimique à vie », rappelle la Dre Mohammed. Si les données actuelles ne permettent pas de conclure à un danger généralisé, la communauté scientifique estime que de nombreuses questions demeurent sans réponse concernant la toxicité des encres, leur impact sur le système immunitaire et leurs effets à long terme sur la santé.

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