L’euphorie d’un gros gain à la Loterie Nationale Togolaise (LONATO) est désormais tempérée par une nouvelle réalité fiscale. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, l’OTR prélève 5% sur les gains de la LONATO. Tout gain égal ou supérieur à 500 000 FCFA est soumis à une retenue de 5% au profit de l’Office Togolais des Recettes.
Si les autorités justifient cette mesure, issue de la loi de finances, par la nécessité d’élargir l’assiette fiscale et de mieux encadrer le secteur, l’accueil réservé par les principaux concernés, les parieurs, est tout autre. Une vague de frustration et d’incompréhension s’exprime sur les réseaux sociaux et dans les points de vente.
« L’État gagne toujours » : le sentiment d’injustice des parieurs
Pour de nombreux joueurs, cette taxe est perçue comme un coup dur supplémentaire. « On joue déjà avec peu d’argent et beaucoup de risques. Quand on gagne enfin, l’État vient encore prendre sa part », déplore Kossi, un habitué des paris à Lomé, rapporte Ici Lomé. Ce sentiment est partagé par Ama, une joueuse occasionnelle, qui craint un effet décourageant : « Beaucoup vont arrêter de jouer ou se tourner vers des plateformes illégales. »
L’argument de l’équité est également soulevé. Des parieurs estiment qu’un gain à la loterie, souvent unique et imprévisible, ne devrait pas être assimilé à un revenu régulier. « Pourquoi seulement à partir de 500.000 F CFA ? Pour certains, c’est un gain exceptionnel, pas un revenu », s’interroge un internaute, résumant un sentiment d’injustice : « À la fin, c’est le pauvre qui perd encore. »
5% sur les gains de la Lonato : entre obligation légale et risque pour le secteur
Face à cette grogne, la LONATO rappelle le caractère obligatoire de cette retenue, qui est prélevée à la source avant le versement du gain. L’État y voit un levier de mobilisation de recettes dans un secteur en pleine expansion.
Cependant, la question centrale demeure : cette nouvelle fiscalité ne va-t-elle pas, à terme, brider l’enthousiasme des parieurs ? En alourdissant indirectement le coût de la chance pour les gros gains, l’État prend le risque de voir une partie de sa base de joueurs se détourner, soit en jouant moins, soit en se reportant vers des circuits non régulés, ce qui irait à l’encontre des objectifs d’encadrement affichés.
Le succès de cette réforme ne se mesurera donc pas seulement à l’aune des recettes générées, mais aussi à sa capacité à ne pas étouffer la dynamique du jeu, une source de revenus et d’animation économique non négligeable.